Iveco Bus (5 500 salariés), la marque de véhicules urbains, interurbains et de tourisme d’Iveco Group (36 000 salariés ; 15,3 Md€ de CA en 2024) accélère la décarbonation de ses véhicules. Et ce n’est pas l’OPA amicale réalisée cet été par l’indien Tata Motor — qui débouchera d’ici juin 2026 sur la création d’un leader mondial de 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires — qui devrait changer la donne. "Tata entend bien conserver tous nos projets, toutes nos implantations industrielles et tous nos emplois", rassure Solène Grange, la directrice générale d’Iveco Group.
Parmi les projets en question, il y a la poursuite de la montée en puissance de l’usine historique du groupe à Annonay, qui vient de fêter ses 100 ans. L’usine ardéchoise, qui produit aujourd’hui des modèles électriques et intègre une ligne d’assemblage de batteries de nouvelle génération, est aujourd’hui au cœur de la transformation industrielle et des nouvelles ambitions du groupe. "Notre ambition est claire : proposer une mobilité plus durable, plus accessible et plus adaptée aux besoins spécifiques de chaque territoire tout en renforçant notre leadership dans la transition énergétique", explique Olof Persson, le CEO d’Iveco Group.
1 000 embauches pour doubler les capacités de production
Pour soutenir cette ambition et entrer dans les clous de la réglementation européenne, qui prévoit que 90 % des autobus urbains produits à horizon 2030 devront avoir zéro-émission, Iveco Bus a considérablement renforcé depuis un an les capacités industrielles de son site d’Annonay. "Nous sommes passés de 6 véhicules produits par jour en juin 2024 à 10 aujourd’hui et l’idée est de monter à 12 véhicules d’ici à la fin de l’année", confirme Solène Grange.
Pour assurer cette montée en cadence, Iveco Group a engagé un plan de recrutement de 1 000 salariés sur son site d’Annonay. "Nous sommes passés de 1 300 salariés il y a un an à quasiment 2 100 salariés aujourd’hui et 200 recrutements environ sont toujours ouverts", précise la directrice générale du groupe.
Deux grosses commandes d’autobus électriques
Le site d’Annonay, dont la production annuelle s’élève aujourd’hui à près de 2 100 véhicules, est aujourd’hui porté à 50 % par l’électrique, contre 30 % seulement en 2023. Un ratio qui devrait continuer de croître dans les années à venir comme en témoigne l’engouement des clients européens du constructeur italien.
En effet, Iveco Bus a annoncé au mois de juillet la commande de 100 nouveaux autobus électriques articulés de 18 mètres de la société belge De Lijn. Destiné à la région flamande, cet achat s’inscrit dans le cadre d’un accord-cadre signé en 2023 portant sur la fourniture de 500 véhicules, et s’ajoute aux 141 bus E-WAY en cours de livraison.
En décembre 2024, Iveco Bus avait par ailleurs annoncé la signature d’un accord-cadre de cinq ans avec le groupement d’achat allemand Bus Gruppe portant sur la fourniture de 580 autobus urbains, dont 250 électriques. De quoi alimenter la ligne de production électrique du site d’Annonay.
L’hydrogène démarre tout juste
"Nous continuerons à faire du thermique sur les autocars, mais sur les autobus urbains, l’objectif est bien d’aller vers 90 % de véhicules zéro émissions. Cela passe par une stratégie multi-énergie. Il y a l’électrique bien entendu mais aussi l’hydrogène avec notre autobus à hydrogène qui vient d’obtenir la certification "Origine France Garantie". Le GX 337 H2 est le seul autobus à hydrogène à avoir obtenu, à ce jour, cette certification", se félicite Solène Grange.
Conçu à l’E-Bench, le centre de R & D de Vénissieux (400 emplois) et fabriqué dans l’usine d’Annonay, le GX 337 H2 a démarré sa production en septembre. Deux premiers véhicules viennent d’être livrés à Cannes. D’autres livraisons vont suivre à Lorient, Saint-Brieuc… Nous avons de belles perspectives aussi sur l’hydrogène", se réjouit la directrice générale d’Iveco Group.
De nouvelles gammes à venir
L’usine ardéchoise devrait aussi pouvoir compter dans les années à venir sur les nouvelles gammes en cours de développement à l’E-Bench. "On a développé ce centre de recherche et de tests pour travailler sur les nouvelles technologies de manière à les amener plus vite sur le marché. L’E-Bench nous permet de gagner entre un an et un an et demi sur nos projets liés aux nouvelles technologies", développe Solène Grange.
En mai dernier, lors du sommet Choose France, Iveco Group avait annoncé un investissement de 100 millions d’euros en 2025 pour accélérer la décarbonation de ses autobus et autocars. Enveloppe qui portait à 400 millions d’euros, le montant des investissements concédés par Iveco Group sur le sol français depuis 2021. "Une bonne partie de cette enveloppe va être consacrée au développement de nos nouvelles gammes de véhicules. Nouvelles gammes qui viendront à terme remplacer les anciennes produites à Annonay", conclut la directrice générale.