Dunkerque
Investisseurs belges et hollandais : Ce qui les séduit tant sur le territoire dunkerquois
Dunkerque # International

Investisseurs belges et hollandais : Ce qui les séduit tant sur le territoire dunkerquois

À l'initiative de Dunkerque Promotion, un voyage franco-néerlandais a été organisé, mi-octobre, sur les terres dunkerquoises. Rencontres B to B, visites de sites et interlocuteurs de structures dédiées étaient au programme de cette journée transfrontalière.

Le foncier. C'est un argument qu'avancent tous les investisseurs belges et hollandais quand ils mentionnent leurs projets de filiales ou d'implantations dans le Dunkerquois, et plus largement dans les Hauts-de-France. Le plat pays ne dispose pas des mêmes surfaces aménageables que son voisin transfrontalier. Un véritable casse-tête pour certaines entreprises belges qui préfèrent, de loin, déménager dans les Hauts-de-France plutôt que se développer à l'étroit dans leur pays. La journée transfrontalière, organisée mi-octobre à l'initiative de Dunkerque Promotion et aux côtés du Grand Port Maritime de Dunkerque, du Flanders Investment & Trade, la Chambre de commerce franco-belge et KPMG Eurométropole, a fait état d'expériences entrepreneuriales ayant fait le pari du transfrontalier.

De la place pour entreprendre

Parmi ces entreprises, le premier investisseur belge au port de Dunkerque : le groupe Conhexa (CA de 17 millions d'euros). Luc et Hilde Van Holzaet y gèrent trois sociétés spécialisées dans le conditionnement et le transport de produits frais (notamment de la banane) et surgelés. Le groupe vient d'entamer les travaux d'extension de Dunfrost pour un montant de 8 millions d'euros destinés à rajouter 60 000 m³ de stockage à l'existant qui est aujourd'hui de 40 000 m³. « Une extension possible du fait du foncier disponible », ajoute Luc Van Holzaet. La stratégie de groupe Conhexa est révélatrice d'un engouement transfrontalier autour du Grand Port Maritime de Dunkerque. « De nombreuses entreprises belges trouvent leur chemin au port de Dunkerque, ce qui emmène des nouvelles opportunités », précise l'agence Dunkerque Promotion. Autre cas de figure lié au foncier local, celui du groupe Ecophos. Tout en conservant un centre R & D à Louvain-la-Neuve, profite du foncier mis à disposition pour la construction d'un site de production à Dunkerque. Une unité qui complétera son unité de Rotterdam. « Le territoire dunkerquois proposait la disponibilité d'un terrain uniforme, à proximité du Grand Port Maritime de Dunkerque et des accès multimodaux. Avec en option, une surface supplémentaire de 4 hectares sur site, pour envisager une future extension. En Belgique, les projets d'implantation prenaient des allures de Tetris sur les surfaces des ports. Il nous fallait un minimum de 10 hectares, nous n'avons pas trouvé cela en Belgique dans la configuration voulue. Ou alors, il fallait s'éloigner dans les terres et là, ce n'était plus intéressant en termes d'accessibilité. Ici, nous avons obtenu 11,5 hectares avec un accès direct à l'eau et des voies logistiques privilégiées », explique Yannick Vancoppenolle, directeur du site Ecophos de Dunkerque et dont le groupe enregistre un CA de 138,5 millions d'euros.

Un bassin de 66 millions de consommateurs

L'autre argument largement évoqué, côté belge cette fois, est celui du potentiel en termes de bassin de consommateurs. La population du Nord, du Pas-de-Calais et de la Picardie, forts de leurs 6 millions d'habitants, est une porte d'entrée intéressante sur les 66 millions de consommateurs français. Pour un pays de 11 millions d'habitants, les perspectives sont grandes. Ce déséquilibre entre les bassins de population joue également en la faveur des Hauts-de-France. Avec un taux de chômage de 5,5 % en Belgique, là où celui du Dunkerquois frôle les 12 % et celui du Calaisis les 19 %, les candidats nordistes à l'emploi sont nombreux. « C'est une opportunité indéniable pour le territoire. 26 000 Nordistes passent, chaque jour, la frontière pour travailler en Belgique, se rendant principalement dans l'arrondissement de Furnes pour ce qui est des travailleurs dunkerquois », commente Franck Helias, directeur de Dunkerque Promotion.

Synergies d'acteurs

Enfin, les logiques de synergie sont des arguments souvent évoqués par les investisseurs transfrontaliers. C'est l'histoire évoquée par Alain Sabatier, directeur général de Distriplast Flandre SAS - filiale de 54 personnes au CA de 20 millions d'euros appartenant au Belge Beaulieu International Group - présent lors de cette rencontre transfrontalière. « Même si aujourd'hui Polychim ne nous fournit plus la matière première, étant donné les changements stratégiques opérés par le groupe, le site avait à l'origine était construit dans cette optique », explique-t-il, tout en évoquant une zone de chalandise s'étendant à 800 km autour de Dunkerque. Au coeur d'une plateforme multimodale, l'entreprise envisage dorénavant une extension de son site. L'implantation du Belge Indaver suit la même logique, pour un montant d'investissement de 40 millions d'euros. Le nouveau site, IndaChlor, recyclera les résidus de production et les flux résiduels chlorés, avant de fournir son voisin belge Aliphos (filiale d'Ecophos) en acide chlorhydrique. « Dans le choix d'implantation, l'accès ferroviaire français mieux établi que le Belge, et la position entre Aliphos et Ryssen Alcools à qui nous allons revendre l'énergie générée par la chaleur du process ont été prédominants », fait savoir Jos Artois, du groupe Indaver. Évoquant des terrains et des coûts salariaux moins élevés en France qu'en Belgique, Filip Taillieu, gérant de la PME TLN de 4 personnes, confirme son implantation dunkerquoise avec des projets d'extension : le second entrepôt de 3 000 m² pour un investissement de 1,5 million d'euros est à peine achevé qu'il envisage déjà une nouvelle extension dans plusieurs années. Comme quoi, malgré certaines réticences liées à la langue et à des réflexes patriotiques, les frontières importent peu en matière de business.

Dunkerque # International