En 10 ans d'activité, l'Incubateur public Paca Est peut se féliciter d'avoir mis le pied à l'étrier à quelques jolies pépites. Parmi elles, Visioscopie, qui croît doucement mais sûrement. Créé en 2005, l'éditeur de logiciels niçois, spécialisé dans l'imagerie médicale et le télédiagnostic à destination des radiologues (18 salariés, 560 k€ de CA en 2010), s'est doté fin 2010 d'un département vente en direct, et travaille sur l'export. Son dirigeant, Daniel Alech, vient de signer avec un distributeur belge dont le périmètre d'action rayonne de l'Asie à l'Amérique Centrale, et vise les 1,2M€ de facturations en 2011. Du côté de Toulon, l'IPE a vu naître Suprameca, au sein de laquelle, les associés, tous experts en pyrotechnie, sont soucieux de préserver leur propriété intellectuelle. Pour mener à bien leurs travaux de R & D, ils misent donc sur l'autofinancement et multiplient les soutiens (IPE, Oseo, ministère de la recherche, réseau entreprendre). Suprameca propose différents équipements tirant leur énergie d'une source pyrotechnique, notamment un pistolet de fixation pour travaux subaquatiques. L'entreprise a généré 600 k€ de CA en 2010 et souhaite à terme se doter d'une unité industrielle.
Des rachats clés pour le territoire
Pour quelques-unes, le destin diffère et passe par le rachat, dont le succès peut se mesurer par la puissance des acquéreurs. Aussi, huit start-ups ont-elles changé de main, permettant la venue ou le renforcement sur le territoire sophipolitain de mastodontes, leaders de leur secteur. Parmi les acquisitions les plus emblématiques, celle de Seemage, créée en 2002, spécialisée dans les solutions de documentation interactive en 3D, rachetée en 2007 par Dassault Systèmes. Lumilog, fondée en 2001 par trois chercheurs du CNRS, positionnée sur le développement et la fabrication de substrats en nitrure de gallium pour les applications opto et microélectroniques, passée en 2008 dans le giron de Saint-Gobain. Ou encore le développeur de logiciels pour applications smartphones Open Plug, fondé en 2003, qui a rejoint l'équipe d'Alcatel-Lucent au cours de l'été 2010. Dernière opération en date, la jeune pousse Simply Sim, devenue le 1eravril filiale du groupe varois Optis. À l'origine d'une plateforme de simulation 3D en temps réel, Simply Cube, la start-up sophipolitaine, née en 2008 (6 salariés, 200 k€ de CA en 2010), bénéficie désormais de la force de frappe du leader mondial de la simulation scientifique optique, et s'oriente vers le développement et la vente de produits applicatifs basés sur sa technologie. Actuellement en phase de recrutement, elle table sur un CA de 500 k€ en 2012.
Elles se développent
D'autres voient en 2011 une année charnière, et enclenchent la vitesse supérieure, à l'instar de VuLog, pour qui les affaires roulent dans le bon sens. Pionnière des solutions logicielles de mobilité urbaine, l'entreprise antiboise, fondée en 2006 (11 salariés, 250 k€ de CA en 2010), s'inscrit plus que jamais dans une époque où la ville se veut plus intelligente et plus propre. D'où des perspectives de grandes ampleurs, liées à la production croissante de voitures électriques. Fournisseur des systèmes d'information du service d'auto-partage Autobleue de la Communauté urbaine de Nice, Georges Gallais, son dirigeant, voit enfin «les contacts se concrétiser en France et à l'étranger après une période creuse dominée par l'attentisme». Après s'être diversifiée en 2010 dans l'auto-partage appliquée aux vélos à assistance électrique, avec un site pilote de 60 unités à Monaco, Vu Log, qui «va prochainement sortir une série d'innovations», vise le million d'euros de facturations en 2011 et devrait compter une vingtaine de salariés en 2012. Même volonté de développement du côté de LudoTic, créée en 2004, qui s'engage «dans une stratégie plus agressive», dixit sa cofondatrice Teresa Colombi. Après une année 2010 en demi-teinte (250 k€ de CA, 6 salariés), l'entreprise niçoise spécialisée dans le conseil et la formation en ergonomie multimédia, étoffe sa présence à Milan, marché qui a représenté jusqu'à 25% de son CA, et va ouvrir un bureau à Paris d'ici à la fin 2011.
Les pépites en devenir
Enfin, certaines entreprises sont promises à un grand avenir avant même leur lancement commercial. À l'image de Robopec, entreprise varoise créée en 2008 par Christophe Rousset. Depuis quelques mois, ses recherches ont abouti à la naissance d'un robot, baptisé Reeti. Compagnon intelligent capable d'exprimer une multitude d'émotions, Reeti possède aussi toutes les fonctionnalités d'un PC de salon. Son industrialisation est programmée pour la fin 2012 et Robopec vise en priorité les marchés de la communication et de l'enseignement. Autre promesse, la biotech sophipolitaine Theralpha, créée en 2009 sur les découvertes du laboratoire du professeur Michel Lazdunski. Spécialisée dans les traitements antidouleur, la jeune pousse développe un pipeline de 4 médicaments, «dont 3 sont en démarrage préclinique afin d'obtenir l'autorisation pour des essais cliniques chez l'homme d'ici à 18 mois», précise son cofondateur David Dellamonica. La biotech vient de signer un accord de collaboration avec Flamel Technologies (cotée au Nasdaq) pour développer conjointement le médicament traitant des douleurs inflammatoires, et s'engage dans un processus de levée de fonds de 8M€ pour financer le développement de ses différents projets.
Incubateur Paca Est
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