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Immobilier d’entreprise : les cartes sont rebattues à Rennes
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Immobilier d’entreprise : les cartes sont rebattues à Rennes

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Après la crise du logement neuf, c’est l’immobilier d’entreprise qui montre des signes de faiblesse. La baisse d’activité enregistrée en 2023 s’est confirmée en 2024. Mais Rennes semble avoir des atouts pour résister, malgré le manque de visibilité.

Le programme de bureaux Millenial Park, à ViaSilva, sur la commune de Cesson-Sévigné — Photo : Millenial Park

"Alors que le marché résidentiel a été le premier impacté, l’immobilier d’entreprise est lui aussi rattrapé par la crise", constate Kévin Levaire, président de la Fnaim Entreprises 35. L’association des professionnels de l’immobilier d’entreprise à Rennes a en effet dévoilé son panorama bilan de l’année 2024, qui met en exergue une baisse confirmée de la demande placée en bureaux, comme amorcée en 2023. Avec 90 500 m² de bureaux transactés, la baisse est de 15 % en 2024 par rapport à l’année précédente. Mais le nombre de dossiers traités est légèrement supérieur à 2023, avec 242 demandes formulées par les entreprises en quête de surfaces de bureaux.

Vers la fin de l’adaptation aux nouveaux modes de travail

"Est-on à la fin de la période d’adaptation des entreprises aux nouveaux modes de travail, s’interroge Kévin Levaire. Depuis la crise sanitaire, les usages ont changé (télétravail, flex-office…), entraînant une baisse de 15 à 20 % des surfaces demandées. Toutes les entreprises qui avaient la possibilité de mettre fin à un bail 3-6-9 après le Covid ont pu le faire, donc nous sommes peut-être dans l’atterrissage." Les grandes superficies sont en effet moins demandées, 13 transactions seulement concernaient plus de 1000m² en 2024, contre 19 en 2023.

Allongement des délais de mise en chantier

Le marché de l’immobilier de bureaux fait donc face à une nouvelle donne. Et dans un contexte économique incertain, la production de neuf souffre d’un nouveau phénomène : "Nous étions jusqu’alors à l’abri de la crise, mais comme pour le logement, on nous demande désormais de commercialiser 50 à 60 % des programmes avant de lancer les chantiers", témoigne Kévin Levaire. Jusqu’alors, les promoteurs pouvaient lancer des projets facilement en blanc, et les commercialiser ensuite. Dans l’incertitude actuelle des entreprises, les délais projetés sont donc plus longs.

Manque de visibilité pour 2025, mais pas d’effondrement

"Résultat, 2025 a démarré avec un manque de visibilité. Mais nous espérons une reprise. Une entreprise qui a besoin de grandir n’aura pas d’autre choix que de chercher des locaux adaptés. Et sur le marché, Rennes coche beaucoup de cases, constate le président de la Fnaim Entreprises 35. La capitale bretonne résiste mieux que d’autres grandes métropoles françaises comme Nantes, Bordeaux ou Toulouse. Elle est multi-activités, dispose d’un vivier de recrues, ce qui rend le marché plus solide et elle est regardée de près par les investisseurs." Une preuve de cette résilience : 98 millions d’euros ont été investis en 2024 dans l’immobilier d’entreprise à Rennes. Le montant est proche de la moyenne de ces cinq dernières années (environ 100 millions d’euros entre 2019 et 2023). Parmi ces investissements, la VEFA (vente en état futur d’achèvement) en blanc (sans pré-commercialisation) de Millennial Park à Cesson-ViaSilva, dédié à la location. "C’est très rare en 2024 et c’est un signal fort que les investisseurs y croient et arrivent à se faire financer", souligne Kévin Levaire.

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