Bordeaux Métropole avait été classée comme la métropole la plus attractive pour les chefs d’entreprise (82 %) et les salariés (70 %) par Odoxa en 2023. Est-ce toujours le cas ? Et y a-t-il encore de la place pour accueillir les entreprises ?
Nous accueillons environ 10 000 habitants supplémentaires et 5 000 nouveaux emplois par an. Il nous faut maintenir cette tendance dans un contexte mouvant et avec un enjeu préservation des ressources, la raréfaction du foncier entraînant une augmentation du coût. Il nous faut donc inventer de nouvelles façons de piloter le foncier économique. On n’a plus le droit de s’étaler et d’artificialiser (notamment en raison de l’objectif de zéro artificialisation nette ou ZAN imposé par l’État, NDLR), mais on a le devoir de réemployer, de construire différemment. On pose des exigences et un cadre.
"On n’a plus le droit d’étaler et d’artificialiser mais on a le devoir de réemployer, de construire différemment."
Comment maintenir cette attractivité ?
Nous avons la volonté de retravailler l’existant. À côté des grandes zones d’activités que sont les opérations d’intérêt métropolitain - Aeroparc, premier pôle industriel de la région, Ecoparc, Arc Rive Droite, Innocampus - et Euratlantique - nous avons identifié 123 zones d’activité artificialisées à plus de 80 %, sur lesquelles on veut lancer une démarche de réemploi et de densification. On en a sélectionné une dizaine dont la zone du Phare de Mérignac (170 entreprises, 4 500 emplois, 186 hectares et 244 propriétaires, NDLR), La Gardette à Lormont ou Berlincan à Saint-Médard-en-Jalles. Nous allons proposer aux propriétaires fonciers de mutualiser des fonctions : stationnement, accueil, zones de stockage.
La collectivité mise aussi sur l’exploitation de son propre foncier à vocation économique en testant de nouveaux modèles. Lesquels privilégiez-vous ?
Nous voulons créer les meilleures conditions possibles pour l’installation de nouvelles entreprises. Par exemple, via le foncier économique transitoire en accueillant des activités d’ESS dans une ancienne école à Artigues-près-Bordeaux dont la métropole est propriétaire.
Nous développons aussi les baux emphytéotiques (à très longue durée) et les baux à construction (séparant la valeur foncière du patrimoine immobilier), comme avec Alter Oak (maturation de vins et spiritueux) à Blanquefort, avec un loyer plutôt favorable (7 000€/an pour environ 5 000 m2). Ces baux permettent à la métropole de ne pas se départir totalement de son foncier.
Nous sommes aussi vigilants aux prix de sortie, par exemple au travers des appels à manifestation d’intérêt AIRE (lancées en 2017 et 2019), qui ont identifié 20 zones pour valoriser le foncier économique sous-utilisé. Le prix de vente moyen de 1 342 euros le mètre carré.
Le marché de Brienne et la requalification du parc des expositions de Bordeaux sont parmi les chantiers les plus vastes…
Un appel à manifestation d’intérêt a été lancé pour transformer le parc des expositions (60 hectares) en "espace économique multithématique". Le Min de Bordeaux Brienne fait aussi l’objet d’une transformation (40 000 m2 supplémentaires). Pour ces deux projets, nous sommes partis sur une forme juridique un peu nouvelle pour nous, la Semop (société d’économie mixte à opération unique) : la métropole reste propriétaire mais confie les investissements à un tiers. Pour le Min ce sera le gestionnaire de fonds Meridiam. Nous cherchons toujours pour le parc des expositions.