Après l’échec en fin d’année de la conciliation entamée en 2023 entre SBA (filiale commune de Vinci et Fayat), exploitant du stade Matmut Atlantique et Bordeaux Métropole, liés depuis 2015 par un partenariat public privé courant jusqu’en 2045, l’avenir de la gestion du grand stade de Bordeaux - qui perdra son nom Matmut Atlantique en juillet 2025 - est plus qu’incertain.
Vers un dépôt de bilan de l’exploitant
SBA, qui a demandé en décembre 2024 l’ouverture d’une procédure de conciliation devant le tribunal de Nanterre, serait plus proche que jamais du dépôt de bilan.
Si son exercice 2023 est apparu légèrement excédentaire, l’exploitant reste plombé par des pertes cumulées dépassant les 20 millions d’euros, sans grand rendez-vous culturel à son agenda dans les prochaines années pour renflouer les caisses et avec une équipe des Girondins attendant le couperet du tribunal de commerce sur la reconduction ou non de sa période d’observation.
"Si demain, SBA est liquidé, la métropole est prête à reprendre en régie l’entretien de cet équipement public. C’est son métier, elle saura faire", a assuré mardi 14 janvier la présidente socialiste de Bordeaux Métropole, Christine Bost. "Ce qu’elle ne saura pas faire, c’est aller chercher des concerts pour rentabiliser et mieux exploiter l’équipement. Force est de constater que depuis quelques années, l’exploitant du stade ne le faisait plus non plus", poursuit-elle, se référant à l’absence de concerts au stade depuis 2023.
"On se prépare à toutes les hypothèses"
"Certains chiffres sont gravés dans le marbre", précise l’élue métropolitaine, "c’est le cas des 85 millions d’euros de la dette liée au bâtiment, que la métropole continuera de payer à hauteur de 5 millions d’euros par an, et ce quelle que soit la situation demain. Il n’y aura pas de charge supplémentaire pour le contribuable liée à l’infrastructure du Grand Stade", assure-t-elle encore, tout en affirmant que la collectivité a refusé d’accéder aux demandes de SBA d’augmenter l’aide financière métropolitaine pour faire face aux difficultés.
"Ce qu’il faut, c’est que l’opération du stade ne nous coûte pas plus cher que ce que ça nous aurait coûté de satisfaire à toutes les exigences des uns et des autres", assure encore la maire d’Eysines, révélant avoir déjà reçu "quelques marques d’intérêt" pour une reprise.
Passage en régie de l’entretien du stade ? Maintien ou liquidation de SBA ? Arrivée d’un repreneur ? "On se prépare à toutes les hypothèses", assure l’élue.