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Il a appris à lire adulte, le patron du groupe FB Frédéric Belhen emploie aujourd’hui 300 salariés
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Il a appris à lire adulte, le patron du groupe FB Frédéric Belhen emploie aujourd’hui 300 salariés

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Parti de zéro, Frédéric Belhen emploie aujourd’hui plus de 300 personnes au sein du groupe FB. Depuis la Mayenne, ce Breton d’origine a constitué une entreprise proposant des services dans le gardiennage, la surveillance, la sécurité lors d’événements. Il anticipe une forte croissance dans les 18 prochains mois.

En cinq ans, Frédéric Behlen a constitué un groupe déployant plusieurs offres dans le domaine de la sécurité qui réalise dix millions d’euros de chiffre d’affaires — Photo : Frédéric Gérard

Regard direct, silhouette arrondie d’ancien boxeur, tatouages de motard apparents, Frédéric Belhen aime parler franchement. "À 18 ans, je ne savais ni lire ni écrire. Mais je savais compter", confie le président d’un groupe de sécurité FB. Et il annonce : "On vise les 20 millions d’euros à la fin 2025, le double du chiffre d’affaires actuel."

L’humain avant tout

Orphelin à deux ans, élevé par des grands-parents forains, cette vie va lui apprendre "le sens du relationnel et les codes de la rue". Fort de ces acquis, dans les années quatre-vingt-dix, le jeune homme se lance dans la sécurité et la surveillance de sites. "J’ai arrêté la boxe professionnelle — j’ai été trois ans professionnel en poids coq — quand j’ai eu ma fille. J’ai eu mes enfants jeunes, j’ai appris à lire quand ils ont été à l’école. Grâce à une personne exceptionnelle. J’ai toujours eu la chance de rencontrer des personnes pour m’entourer et m’aider", raconte le cinquantenaire. L’esprit de groupe reste son moteur pour avancer. Si une ambiance ne lui plaît pas, il peut se retirer d’une "presta". "On est là pour faire les choses bien, pas pour se mettre la rate au court-bouillon", lâche-t-il, sans entournures.

Au départ, des arrêts liés à la pandémie

Un temps à son compte dans la sécurité, le Breton d’origine installé en Mayenne va se reconvertir dans le commerce et la restauration, avec sa compagne. "Avec le Covid, tout s’est arrêté. Et comme je suis un peu du genre hyperactif, je ne me voyais pas ne rien faire. À la même période, des gens me rappelaient pour surveiller des sites où l’activité était stoppée… J’ai créé A2B Sécurité à Laval. Quand j’ai vu que je réalisais 150 000 euros de chiffre d’affaires dès la première année, et que la demande progressait, je me suis dit que c’est finalement ça que je savais faire. Et je me suis relancé."

300 salariés permanents en quatre ans

Depuis, A2B Sécurité a été complétée par d’autres entreprises rachetées dans l’Ouest pour constituer un groupe. Frédéric Belhen dispose aujourd’hui en Bretagne et en Pays de la Loire d’une offre de services dans la sécurité incendie, la surveillance et la télésurveillance de sites, le gardiennage, la gestion des événements de masse, les interventions, les agents de sécurité armés, des formations, etc. On a pu le croiser sur les sites stratégiques des Jeux Olympiques de Paris 2024, au Stade Rennais, au Vendée Globe, sur le circuit des 24 Heures du Mans, aux Vieilles Charrues…
Flanqué de ses initiales, le groupe FB a généré 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et employé 300 salariés permanents en 2024. "Comme on fait pas mal d’événementiel, entre juin et septembre, on peut éditer entre 500 et 700 bulletins de paie", précise Frédéric Belhen, qui recourt de préférence à des prestataires plutôt qu’à l’intérim.

Une série de rachats dans l’Ouest

Pour en arriver là, le groupe basé à Château-Gontier-sur-Mayenne a franchi deux grandes marches. "Le gros boom est arrivé en avril 2021, raconte le chef d’entreprise. J’ai racheté Pro.com, à Ploufragan (Côtes-d’Armor), une boîte qui m’intéressait depuis longtemps pour ses activités de formation à la sécurité. J’ai racheté les 90 % du capital de Frédéric Legrand, devenu président du club de football l’En Avant Guingamp, et je me suis associé à Jean-Michel Le Houerou, qui a gardé ses 10 % et que j’ai placé directeur général du groupe." Autant dire un proche, pour s’asseoir à ses côtés.

Un gros rachat au Mans, sorti du redressement

L’autre grande étape du groupe a été la reprise en avril 2023 de SPI, près du Mans. Sécurité Protection Intervention réalisait alors 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Un temps en difficulté, cette PME vient de sortir d’un redressement judiciaire. Employant 170 salariés, elle a réalisé 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024.

Tout travail mérite salaire

Sa recette : "On a augmenté les tarifs de 15 % et on le fera encore cette année. Des gens ont été surpris. Mais aujourd’hui, on ne peut plus demander à un agent de sécurité de veiller toute la nuit pour un salaire proche du Smic."

Rester au contact du terrain

Loin de s’en arrêter là, Frédéric Belhen a déjà de nouvelles reprises d’entreprises en tête, y compris dans d’autres régions. Les affaires marchent. Il juge donc inutile de s’attacher les services de commerciaux. "Dans notre domaine, ça fonctionne encore beaucoup par bouche-à-oreille."

Cette belle réussite n’empêchera pas le patron du groupe FB d’aller sur le terrain. "Ça m’arrive encore de faire un remplacement de dernière minute. L’an dernier, des gars n’en revenaient pas de voir le PDG du groupe à leur côté. Mais on est pareil. Et j’ai besoin d’aller sur le terrain, confie Frédéric Belhen. La sécurité, c’est sentir ce qui se passe dehors, être au contact des gens, savoir anticiper les problèmes. Ce n’est pas boire du champagne et manger des petits fours dans les cocktails."

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