Diminuer les délais de paiement: un combat perdu d'avance? Pourtant inscrite dans une directive européenne de 2000 et transposée en droit français depuis 2001, la lutte contre les retards de paiement est perçue comme un voeu pieux par bon nombre de dirigeants de petites entreprises. Quant aux pénalités de retard devenues obligatoires, elles ne sont presque jamais appliquées, par crainte de perdre des clients, même mauvais payeurs. Faut-il pour autant se résoudre à voir son encours client s'accroître et pénaliser sa trésorerie? Non, répond Jean-Paul Duval, fondateur de l'entreprise Igrec, à Caraman en 1993. «Mes expériences au sein de grandes entreprises m'ont montré qu'en b to b, la moitié des clients qui ne paient pas à échéance prétextent un écart entre ce qui a été commandé et ce qui a été facturé, explique-t-il. Non seulement le cash n'est pas au rendez-vous pour le fournisseur mais en plus, cet écart de qualité nuit à la satisfaction client.» Fort de ce constat, Jean-Paul Duval a eu l'idée de créer une structure à laquelle des entreprises pourraient confier la gestion du bon paiement à date de leurs factures. «Souvent, un simple appel téléphonique en amont de l'échéance permet de s'assurer, auprès du client, que la facture est bien conforme à sa commande et qu'il prévoit de la régler dans les délais consentis.Si un écart de qualité est constaté, nous le faisons remonter pour que l'entreprise fasse en sorte de résoudre le problème avant l'échéance. »
La barrière de la langue
Travaillant pour de grands comptes comme Eurocopter, Sodexo ou Canon, Igrec s'est aussi constituée une clientèle de PME-PMI. «Presque moitié de notre effectif (80personnes réparties entre Caraman et Mauguio, dans l'Hérault, ndlr) maîtrise une ou plusieurs langues étrangères car nous avons constaté que les petites sociétés qui exportent ont du mal à recouvrer à l'international parce qu'ils ne parlent pas ou mal la langue de leurs clients», note Jean-Paul Duval. Malgré tout, la gestion du poste client reste un point sensible en entreprise et l'idée de la confier à un tiers peut effrayer certains dirigeants. «Le concept d'Igrec, bien que très simple, mérite d'être expliqué», concède Bruno Blanc-Fontenille, qui a succédé à Jean-Paul Duval le 29 septembre dernier. Tout son travail va consister désormais à promouvoir cette forme d'externalisation.
Dirigeant de l'entreprise Igrec depuis fin septembre, Bruno Blanc-Fontenille succède à Jean-Paul Duval avec la même volonté de développer une activité peu connue des PME: l'externalisation du poste client.