Né à Sophia Antipolis en 2018, Himydata (23 salariés, CA : NC) collabore essentiellement avec des acteurs de l’industrie pour qui elle simplifie l’usage de la donnée. Transformant celle-ci en information exploitable, elle permet de faciliter la prise de décision. Cette expertise, elle la met ainsi au service du laboratoire vétérinaire Virbac, du fabricant d’éclairage public Ragni, de Bouygues ou ArcelorMittal. Et désormais, du Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM).
Refondre l’application Neptune
Elle fait en effet partie des 11 lauréats du 5e Smart Port challenge, concours organisé par la CCI Aix-Marseille-Provence, le Port de Marseille-Fos et Aix-Marseille Université. Parmi 9 défis proposés, Himydata a été choisi pour relever celui visant à rebâtir Neptune, le logiciel de gestion du Port, lancé en 2015, en y injectant notamment de l’IA. De l’aveu même des autorités portuaires, celui-ci "se rapproche aujourd’hui de l’obsolescence". "C’est une application très complexe, qui regroupe énormément de règles métiers, explique David Bessoudo, dirigeant et fondateur de l’entreprise azuréenne. On parle de près d’un million de lignes de code. Mais nous avons la capacité d’absorber tout type de données, très simplement."
De l’aéroportuaire au port
En évoluant dans l’industrie, où se trouvent près de 70 % de ses clients, Himydata est en effet déjà rompu à cette complexité et aux responsabilités qui en découlent. "Dans certains cas d’usage, nous pouvons avoir plus de 5 000 capteurs, qui envoient des données toutes les 20 millisecondes, des informations d’une ligne de production, de température, de variabilité d’épaisseur, de peinture… des données qui ne sont pas forcément liées. Même les grands comptes ont des difficultés à puiser dans tous ces gisements et prendre de bonnes décisions. Nous les absorbons et nos algorithmes travaillent pour trouver des comportements qui permettraient de prédire une dérive ou détecter une anomalie. Typiquement, avec la maintenance prédictive, on parle maintenant d'Industrie 5.0."
Un partenariat à ArcelorMittal ?
À l’image des ports, de plus en plus connectés eux aussi et qui ont besoin d'aller au plus vite dans leur prise de décisions. Aussi la Sophipolitaine rêve-t-elle d’une collaboration prolongée avec le GPMM. Car elle le sait, son agilité peut faire la différence, comme elle l’a fait avec ArcelorMittal. "Nous avions aussi participé à un challenge, rappelle David Bessoudo. IIls nous ont accordé leur confiance en raison de notre capacité à saisir, interpréter et analyser leurs données rapidement et efficacement, un dialogue éclairé a pu s'installer avec les équipes métier en l'espace de quelques semaines." Plus qu’un client, le sidérurgiste est ainsi devenu un partenaire. Des data scientists de Himydata sont même installés au sein de son Digilab Lab à Metz.
Un partenaire de poids qui pourrait aussi lui ouvrir la voie de l’international et notamment du Brésil, où ArcelorMittal est présent et où la société azuréenne prévoit de déployer ses solutions courant 2025.