Après plusieurs mois de développement, la start-up varoise Heegee s’apprête à passer un cap : le lancement commercial de son application qui s’adresse aux personnes atteintes de douleurs chroniques. Heegee vise six pathologies, qui concernent 12 millions de personnes en France. "Nous ciblons des rhumatismes chroniques, telles que la polyarthrite rhumatoïde ou la lombalgie chronique", précise la fondatrice, Emmanuelle Blanck.
Une application numérique pour aider à faire face à la maladie
Cette application thérapeutique propose des contenus en format vidéo, validés par la Haute Autorité de santé et les sociétés savantes. Ils permettent au patient de mieux comprendre sa maladie, de mieux appréhender ses traitements et leurs effets secondaires. Ils lui proposent aussi une activité physique adaptée à sa pathologie et sa forme physique.
En associant technologie et numérique, la medtech varoise s’appuie sur la thérapie cognitive et comportementale, scientifiquement validée et recommandée par la Haute Autorité de santé. Elle compte sur une prise en charge de sa solution par la Sécurité sociale pour booster ses ventes. Le système de santé français rembourse en effet depuis juillet 2023 les thérapies numériques ayant prouvé leur efficacité.
Deux levées de fonds attendues en 2025
Lauréat de Réseau Entreprendre Var et de l’incubateur à impact du fonds Inco, accompagné par le pôle de compétitivité Eurobiomed, Heegee est aujourd’hui en quête d’investisseurs. Emmanuelle Blanck entend lever 400 000 euros rapidement, puis 1,3 million d’euros au troisième trimestre 2025.
Depuis ses débuts en avril 2022, la start-up a déjà bouclé deux levées de fonds, "50 000 euros en love money, 150 000 euros auprès de business angels", précise la dirigeante, qui s’est associée à Patricia Laurent, spécialiste des RH, et à Fouad Hassani, passé par des entreprises comme Orange ou Keepcool et qui a une solide expérience dans la gestion de développeurs.
Aujourd’hui, Heegee compte trois alternants. "En 2026, nous devrions être 10 personnes pour soutenir le développement commercial et accompagner nos utilisateurs", indique l’entrepreneuse, qui s’est entourée d’un comité scientifique.
Du grand public au remboursement de la Sécu
Les fonds permettront de financer le développement des contenus, le marketing et la communication, une étude clinique et le recrutement de salariés. Objectif : soutenir le lancement, d’ici l’été 2025, de l’application auprès du grand public. "La demande est pressante, assure Emmanuelle Blanck. Nous comptons déjà 150 patients sur liste d’attente et des lettres d’intention de médecins et prescripteurs prêts à recommander notre solution."
Selon ses prévisions, Heegee devrait compter 900 abonnés B to C en 2025, puis 4 000 en 2026. Quant au chiffre d’affaires, "il passera de 68 000 euros en 2025, à 1,35 million d’euros en 2026 et 4,7 millions d’euros en 2027." La profitabilité est attendue en 2027.
Avant cela, la start-up varoise devra franchir une étape cruciale : la réalisation d’une étude clinique auprès de 210 patients "pour prouver les bénéfices de notre solution et ainsi obtenir une prise en charge anticipée numérique (Pecan, NDLR) dès 2026 auprès de la Sécurité sociale, puis le remboursement définitif courant 2027", explique Emmanuelle Blanck.
Une communauté de patients et prescripteurs
L’entrepreneuse veut aussi voir grandir sa communauté de prescripteurs. Sur 120 000 médecins potentiels prescripteurs, elle espère en séduire 2 % et elle a prévu de commercialiser sa thérapie numérique comme un médicament, présentée sous la forme d’une boîte disponible en pharmacies, chez les médecins et kinésithérapeutes, dans les centres antidouleurs. Emmanuelle Blanck en est convaincue : "Heegee a une vraie place à prendre sur un marché des thérapies de la douleur, promis à une croissance de 40 % d’ici 2034." Après le marché français, elle sait déjà qu’elle ira à l’international. Elle a aussi déjà prévu d’adresser de nouvelles pathologies chroniques.