Septembre2006. La revitalisation commerciale des halles Saint-Louis de Brest fait un pas en avant: la Compagnie de Phalsbourg remporte le concours pour orchestrer l'ouvrage. Un projet ambitieux prévoyant l'aménagement de 12.500m² de commerces sur trois niveaux avec 450 places de parking. Le promoteur annonce 30M€ d'investissement (réévalué à+10% depuis). Les architectes Virga et Parreira signeraient avec style un ensemble immobilier lumineux, de verre et de poutrelles en béton enchevêtrées. Le marché traditionnel prendrait place au rez-de-chaussée sur 10% de la surface totale aux côtés d'un supermarché, une trentaine d'autres magasins à l'étage, une enseigne phare en sous-sol, quelques habitations et un restaurant en terrasse. Ouverture annoncée début 2010. Début avril2009: point mort. La demande de permis de construire déposée fin octobre2008 est toujours à l'étude. La ville a déclassé les halles du domaine public au domaine privé, mais la rétrocession à la Compagnie de Phalsbourg (via une SCI) n'est pas encore actée à ce jour. Ni le montant de l'acquisition (2millions d'euros) ni les termes ne sont en cause, mais la décision de l'implantation brestoise de MédiaSaturn (29 enseignes en France, 750 en Europe) est aujourd'hui en sursis. Le groupe allemand Métro, dont dépend le leader de l'électroménager et du multimédia à bas prix, a annoncé une réduction de ses investissements de 27% en 2009.
Calendrier à tiroirs
L'implantation brestoise est-elle pour autant sur la sellette? «MediaSaturn a confirmé ses engagements pour Sarcelles et Cannes, j'attends la décision pour Brest jusqu'à fin avril. Nous devons avancer», précise Philippe Journo, dirigeant de la Compagnie de Phalsbourg, qui ne se résout pas encore à changer de locomotive et s'évertue dans le même temps à rassurer les commerçants des halles Saint-Louis (cent personnes pour 26 enseignes) qui eux perdent patience. Composant avec la vétusté du marché couvert, ces derniers n'ont pas encore signé le bail qui acte leur installation dans la future halle, «faute de précisions». «C'est un bail classique qui fixe le montant du loyer à 100euros le m² et prévoit une certaine souplesse d'engagement (échéances de 3, 6, 9 ans)», assure le promoteur. Lors de récents courriers, les commerçants lui réclament «une visibilité immédiate pour leur outil de travail». Ils devraient être relogés provisoirement square Marc-Sangnier durant la durée des travaux (2 ans). Transition qui nourrit aussi leurs craintes, notamment celle d'une baisse de chiffre d'affaires. Une perte à envisager mais que comblerait en partie BMO, en prenant à sa propre charge leur accueil sous chapiteau (1,5M€). La clé de ce calendrier à tiroirs étant Saturn, chacun retient son souffle jusqu'à fin avril.
astel
En attendant un engagement ferme de Saturn, la Compagnie de Phalsbourg, promoteur de la restructuration du site, et BMO retiennent leur souffle. Les commerçants du marché couvert s'impatientent.