D'un côté la complexité du marché local de l'immobilier tertiaire et son manque de visibilité, de l'autre un accompagnement législatif et fiscal favorable pour l'investissement dans le logement... Guillaume Carle se tourne naturellement vers ce marché qu'il juge encore non satisfait, qui renvoit à des règles fiscales attractives (le dispositif fiscal Pinel sera prolongé jusqu'à fin décembre 2017) et qui selon lui présente des cycles moins marqués que celui de l'immobilier de bureau. Il prévoit des premiers dépôts de permis dès la fin de cette année à Toulouse et, à l'horizon 2022, il souhaite créer 300 à 400 lots par an. Cette nouvelle activité appelée Carle Habitat place le groupe dans un marché très concurrentiel mais le promoteur se montre très confiant et mise sur sa réputation acquise dans ses dernières réalisations. Il a reçu récemment la Pyramide d'argent (récompense de la Fédération régionale des Promoteurs Immobiliers) pour le projet Atriumétro à Basso Combo. La future tour de dix étages In Nova à Bordeaux qui mixera bureaux et logements (début des travaux fin 2017) prouve aussi le savoir-faire du groupe en terme de mixité urbaine.
Des moyens renforcés et un CA qui devrait tripler en 4 à 5 ans
Pour assurer le succès de Carle Habitat, l'équipe va s'étoffer avec deux embauches dès cette année : un spécialiste du domaine du logement et un prospecteur foncier. Guillaume Carle prévoit une forte croissance du CA du groupe, qui sera liée à cette nouvelle activité mais aussi à la bonne évolution des projets de réalisations de bureaux. Il lui est difficile aujourd'hui de déterminer quelle part de son activité le logement prendra. De façon générale, le chef d'entreprise prévoit de tripler son CA dans les 4 à 5 prochaines années (aujourd'hui de 35 M€).
15.000 m2 de bureaux neufs livrés chaque année
Même s'il juge le secteur difficile, Guillaume Carle n'a pas perdu une once d'optimisme sur le potentiel de son activité dans l'immobilier tertiaire. L'ingénieur en bâtiment a créé le groupe Carle en 2003, société qu'il détient toujours en fonds propre et qu'il dirige "comme une start-up", selon ses propres mots, avec "une équipe de dix personnes affichant une réelle transversalité des métiers". Le plus du groupe Carle : "l'industrialisation des procédés de fabrication qui permet une optimisation des délais et des moyens". Une moyenne de 15.000 m2 de bureaux neufs sont livrés chaque année.
De nouveaux bureaux à La Cartoucherie et à Blagnac dès 2016
Les principaux projets en cours : Trois immeubles sont en construction à la Cartoucherie (zone qui jouxte le quartier Saint-Cyprien). Réalisés en partenariat avec l'agence Taillandier Architectes Associés deux des buildings sont déjà commercialisés à La MSA (inauguration en mai 2016) et La Française REM (investissement immobilier). Toujours en partenariat avec le même architecte, à Blagnac, un ensemble immobilier de 3.000 m2 acquis par Midi2I (filiale toulousaine de la Caisse d’Épargne Midi-Pyrénées) hébergera dès la fin de l'année Ethics Group, entreprise spécialiste du conseil , menée par Thierry Pédeloup. A Ramonville, le permis est déposé pour 3 immeubles et un hôtel, signés par le cabinet d'architectes Cardete&Huet, soit un total de 12.000 m2 livrables en juin 2017. Plus lointain dans le temps, une phase pré-permis est en cours à Basso Cambo pour un programme composé de 3 bâtiments totalisant entre 8.000 et 10.000 m2 de bureaux. Et demain ? Les projets de TESO (ToulouseEuroSudOuest) transformeront le quartier Matabiau et offriront de belles opportunités pour les promoteurs, selon Guillaume Carle qui rappelle les critères d'installation des sociétés du tertiaire : la proximité des transports en commun, la présence d'une offre de restauration et la possibilité de parking. Matabiau offrira tous ces avantages, mais le gâteau sera à partager avec d'autres...