Créée en 1924 par Paul Lambert, la société Lambert fabrique à l'origine des clés ouvre-boîtes pour les conserves, ainsi que des pointes pour les caisses à poisson en bois. Un siècle plus tard, son arrière-petite-fille Carine Chesneau est à la barre du groupe Lambert qui s’est installé en 1990 à Couëron, à l’ouest de Nantes. Toujours indépendant, celui-ci réalise 30 millions d’euros de chiffre d’affaires à travers ses deux filiales. Lambert Manufil (10 M€ de CA, 35 salariés) perpétue l’activité industrielle de l’entreprise autour du fil d’acier. Lambert Clôtures (20 M€ de CA, 35 salariés) porte l’activité de négoces de clôtures métalliques pour les espaces verts. Au total, le groupe emploie 80 personnes.
6 agences de négoce
En 1970, celui-ci avait commencé, sous la marque Lambert Clôtures, à distribuer du grillage métallique auprès des quincailliers, puis des paysagistes à partir des années 1990. "Pour compenser notre vulnérabilité industrielle, nous avons décidé de continuer à développer l’activité avec les paysagistes en étendant notre réseau par capillarité", indique Carine Chesneau. Une première agence est ainsi ouverte à Rennes en 2009. Suivront Vannes, Caen, puis Le Mans. Le rachat, en 2017, de la société Koch permet de dupliquer le modèle en Île-de-France. Fort de ce réseau de six agences, la filiale Lambert Clôtures contribue pour les deux tiers au chiffre d’affaires du groupe. "Notre stratégie consiste à continuer à étendre notre réseau d’agences, en nous appuyant sur un partenariat fort avec Betafence, une marque belge leader sur son marché et sur nos liens de proximité avec les paysagistes", explique Carine Chesneau. Lambert Clôtures a également développé une gamme de produits en propre, comme le panneau végétalisable Bipalis.
Made in France et RSE
Le groupe fabrique, par ailleurs, des fils en acier et des produits en fil. Lambert Manufil est ainsi l’un des derniers producteurs de pointes en France. Sur cette activité industrielle, il est confronté depuis les années 1980 à un problème de rentabilité, face à la concurrence des pays à bas coûts de main-d’œuvre. Malgré de lourds investissements dans des machines plus performantes dans les années 2010, la dirigeante a été contrainte de réduire l’activité de l’atelier de fabrication de pointes, qui travaillait pour les fabricants de palettes et de se concentrer sur les négociants dans le bâtiment. L’activité industrielle du groupe Lambert a toutefois bénéficié d’un coup de pouce avec la crise du Covid qui a fait revenir beaucoup d’acheteurs vers le Made in France pour sécuriser leurs approvisionnements et améliorer leur bilan carbone. "Nous-mêmes avons engagé notre transition écologique. Depuis cinq ans, nous avons basculé vers de l'acier recyclé, utilisons des huiles bio, travaillons sur les énergies renouvelables…", expose Carine Chesneau. Une stratégie couronnée de succès, puisque le groupe Lambert a terminé l’année 2023 sur une progression de 17 % de ses volumes.