French Tech : Décollage imminent en Auvergne-Rhône-Alpes

French Tech : Décollage imminent en Auvergne-Rhône-Alpes

Les labels French Tech de la première vague doivent être renouvelés et confirmés sous peu par L'Etat. Qu'Est-ce qui a changé à Lyon, à Grenoble et à Saint-Etienne ? Quelles sont les retombées French Tech pour les entreprises de la Région ?

Laurent Wauquiez l'avait martelé pendant sa campagne pour le siège de président de la région Auvergne - Rhône-Alpes. Samy Kefi-Jérôme, le président de la commission numérique l'a réaffirmé dès sa nomination le mois dernier. Auvergne - Rhône-Alpes doit rapidement devenir la Silicon Valley française. Avec trois métropoles labellisées French Tech (Lyon, Saint-Étienne et Grenoble) et deux autres sur les rangs (Clermont-Ferrand et Annecy/Chambéry), Auvergne - Rhône-Alpes s'affiche comme une région très digitale.

Dynamique commune
Alors que les labels de la première vague (Grenoble et Lyon) doivent déjà être renouvelés et confirmés ces jours-ci par l'État, force est de constater qu'en quinze mois (8 mois pour Saint-Étienne), un souffle nouveau est venu vivifier les écosystèmes numériques aux quatre coins de la région. « Il existait sur Lyon beaucoup d'acteurs qui coexistaient de façon autonome. La marque French Tech a permis de créer une dynamique remarquable, un vrai souffle, une réelle envie de porter tous ensemble le développement de notre territoire », se réjouit Patrick Bertrand, président de l'association Lyon French Tech et directeur général de Cegid. Nicolas Claraz, vice-président de la Cuisine du web, acteur incontournable du milieu numérique lyonnais confirme : « L'ecosystème lyonnais s'est rangé plutôt docilement derrière la bannière French Tech. Tout le monde est mobilisé ! » Du côté de Grenoble, on pointe aussi la constitution d'une vraie communauté : « Auparavant, les gens qui oeuvraient dans les semi-conducteurs comme moi se connaissaient bien mais nous nous sommes rendu compte que l'on n'était qu'un bout du digital et qu'il se passait beaucoup de choses à Grenoble. Plus que les entreprises, ce sont les gens qui se sont rencontrés », reconnaît ainsi Loïc Lietar, cofondateur de la start-up GreenWaves.

Structuration
Si French Tech a d'ores et déjà permis de fédérer les communautés locales, le bilan concret des actions n'est pas très fourni. Ces premiers mois de labellisation ayant en effet principalement été mis à profit pour la structuration et l'organisation des gouvernances locales... L'association French Tech Lyon est ainsi née en mai dernier. Sa feuille de route a été arrêtée seulement en septembre dernier. Digital Grenoble, elle, a finalement évolué vers le statut de société coopérative d'intérêt collectif. À Saint-Étienne, plus jeune labellisée de la région, la gouvernance vient tout juste d'émerger avec le lancement le mois dernier du comité d'orientation stratégique présidé par Elizabeth Ducottet (dirigeante de Thuasne, textile médical) et Guillaume Beyens (co-dirigeant de l'opérateur de services internet Adista). « Il est vrai que cela a mis un peu de temps à sortir mais le cahier des charges des French Tech thématiques n'était pas défini. Avec notre labellisation Design Tech, nous avons dû avancer un peu à l'aveuglette », justifie Fabien Soler du cluster Numelink. À tel point d'ailleurs que cette cadre d'une grosse SSII stéphanoise affirmait il y a encore quelques semaines « n'avoir vu absolument aucune retombée » pour son entreprise pour l'instant. La labellisation Ecole du numérique de la Design Tech Academy pilotée par Telecom Saint-Étienne constitue néanmoins une belle reconnaissance pour le territoire.





Premières réussites
À Lyon, Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Métropole en charge notamment du numérique et de l'innovation, égrène les premières réussites : « 150 start-up accélérées en 2015, cinq entreprises labellisées dans le cadre du Pass French Tech, de belles actions à l'international... ». Notamment le Big Booster et le Mass Challenge avec Boston. Sylvain Tillon, dirigeant de Sydo et de Tilkee, acquiesce : « On participe au Mass Challenge. French Tech est un accélérateur de visibilité et de développement ». Julien Gillet Daubin, patron de la medtech lyonnaise Neolys, va dans le même sens : « A Boston, grâce à l'accompagnement French Tech, nous avons pu accéder directement aux bons experts pour notre secteur d'activité ». Côté isérois, l'espace Totem est déjà opérationnel, avec un espace de coworking de 450 m², même si certains regrettent ses lacunes : « Il manque toujours un endroit ou une rue, comme dans la Silicon Valley, où les entrepreneurs se rencontrent », nuance ainsi Loïc Lietard, ex-président de Minalogic.

Sur les starting-blocks
À Lyon, à Grenoble, à Saint-Étienne, les équipes French Tech sont désormais sur les starting-blocks pour faire sortir les projets et les programmes qu'elles mitonnent depuis plusieurs mois. « 2015 a principalement été consacrée à de la structuration, à la mise en place de groupes de travail, à des échanges avec Paris... Maintenant, place à l'action locale ! », s'enthousiasme, impatient, Nicolas Claraz de la Cuisine du Web. Au menu de Lyon French Tech : un lieu Totem dont les réponses à l'appel d'offres devraient être étudiées dans les prochaines semaines, le déploiement du French Tech ticket parisien en région lyonnaise, le développement d'actions de formations, l'augmentation significative du nombre de start-up accélérées...
Côté grenoblois, on évoque la création d'un fonds doté par les banques locales qui pourrait être officialisé le mois prochain, d'un projet d'école du numérique piloté par le P-dg de Corys, d'une plateforme d'intermédiation pour mettre en relation des chefs d'entreprise et des start-ups. Rodrigue le Gall, ancien cofondateur de Bonitasoft et responsable du groupe de travail pour cette plateforme explique : « Nous souhaitons accélérer l'implication des grands groupes vis-à-vis des start-ups, à travers un small Business Act ».
Saint-Étienne, qui fait ses tout premiers pas dans la phase opérationnelle, affiche sa feuille de route 2016 : lancement de son offre Design Tech Elevator (accompagnement des start-ups par le design), lancement du pré-accélérateur, inauguration d'un espace Design tech à la Platine, lancement du programme d'essaimage Design tech à l'international et auprès des métropoles French Tech... Les confirmations de labellisation French Tech devraient être valables jusqu'en 2018. La mission ministérielle French Tech vérifiera alors que tous ces engagements auront été tenus.

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