Rouen
Frédéric Henry : « Notre tissu industriel est fort »
Rouen # Industrie # Conjoncture

Frédéric Henry : « Notre tissu industriel est fort »

Président du Conseil de surveillance du Port de Rouen, vice-président de la CCI de Rouen et P-dg de Lubrizol France, Frédéric Henry revient sur la réforme consulaire, l'état de l'économie en région ou encore le choc de simplification et l'image de la France à l'international.

Quel bilan économique tirez-vous de 2014 en Haute-Normandie ?

L'industrie ne fonctionne pas trop mal avec des différences selon les secteurs. En revanche un consensus clair s'est dessiné autour des secteurs du Bâtiment et des Travaux publics faisant état de graves difficultés. Une fragilité du secteur très liée aux collectivités locales, frileuses en ce moment face à la baisse des dotations de l'État. Si le Commerce rencontre lui aussi de fortes difficultés, en revanche l'activité portuaire est à peu près stable. Pour Rouen, il ne faut pas oublier qu'il a fallu encaisser une grosse perte avec l'arrêt de Petroplus de l'ordre de 10 à 15 % en tonnes, sur un total de 24 millions de tonnes. Mais, il y a eu une bonne campagne céréalière et les autres vracs solides se sont bien comportés, bien que tout cela n'ait pas complètement compensé la perte Petroplus. La Normandie dispose d'un tissu industriel fort et il y a de l'investissement comme chez Renault avec les sites de Sandouville et Cléon. Le secteur de l'éolien offshore va voir le jour chez nous et il ne faut pas oublier les implantations d'entreprises de ces dernières années sur nos terres.




Le choc de simplification voulu par le Gouvernement doit permettre de simplifier la vie administrative des entreprises et leur compétitivité. Est-ce suffisant pour lever les freins de l'économie ?
Tout ce qui peut simplifier la vie des entreprises va dans le bon sens. Mais, ce qui est important, au-delà de la simplification, c'est de regarder les réglementations de manière générale et au lieu de les empiler, proposer une nouvelle réglementation qui permettrait d'en enlever. Sur ce point, je mets ma casquette de vice-président de l'UIC (Union des industries de la Chimie) car au sein de la Chimie, nous avions fait cette
demande il y a plusieurs années mais il n'y a jamais vraiment eu de résultats tangibles. Ce sont la plupart du temps de bonnes intentions qui n'aboutissent à rien. Donc, même si je reste sceptique quant à la mise en oeuvre des futures mesures de simplification, il se trouve que cette fois le Président de la République s'est engagé, on est donc un cran au-dessus en terme de volonté.




Simplifier le contrat de travail pourrait-il être une solution ?
Il faudrait un bon toilettage du Droit du travail, c'est certain. Rajouter de la complexité à de la complexité ça devient incroyable. Par moments, on pourrait penser qu'un seul contrat de travail pourrait être plus simple. Après, il faut savoir comment travailler autour de cette idée.
On peut comprendre que des chefs d'entreprises hésitent à passer des seuils. Il y a peut-être à éviter les seuils brutaux. Je crois aux avancées progressives plutôt qu'aux cassures.




Les réformes du Gouvernement touchent durement le réseau consulaire...
Nous sommes en pleine phase de réflexion car c'est en 2015 que nous aurons les feuilles de route plus précises pour nous adapter à ce nouveau contexte. Cette réforme imposée va entraîner un plan social de plusieurs milliers de suppressions de postes. C'est un choc violent, surtout que les CCI avaient déjà réduit la voilure en 2012. Et, arrive en 2014 cette réduction drastique des budgets. Demain, il n'y aura plus le même service aux entreprises, de fait. Nous sommes donc obligés de regarder quels services on va garder. La réforme va pousser les chambres à travailler ensemble mais en Normandie c'est une démarche qui était déjà engagée.


Quelle vision de la France percevez-vous à travers le regard de vos interlocuteurs Américains dont vous dépendez ?
Les Américains voient l'Europe et ils la voient à travers le business de Lubrizol France, entité très importante pour eux. Les résultats étant bons, on a plutôt bonne presse, et cela peut paraître étonnant dans le contexte que l'on connaît. Reste à savoir si le contexte dont on entend parler tous les jours chez nous reflète véritablement toute la réalité. Lubrizol France à 60 ans cette année et a toujours bien fonctionné durant cette période, avec des hauts et des bas. On fait face, on s'adapte

Rouen # Industrie # Conjoncture