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Fonderies Hachette et Driout : l’anglais Paralloy reprend 167 salariés sur 249
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Fonderies Hachette et Driout : l’anglais Paralloy reprend 167 salariés sur 249

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En Haute-Marne, les Fonderies Hachette et Driout passent sous pavillon anglais. Reprise à la barre du tribunal des affaires économiques de Lyon par le groupe Paralloy, l’entreprise repart avec près de deux tiers de ses salariés et vise les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Les Fonderies Hachette et Driout sont reprises par l’anglais Paralloy — Photo : Fonderies Hachette et Driout

167 salariés des Fonderies Hachette et Driout poursuivront l’activité de l’entreprise haut-marnaise sous l’impulsion de l’anglais Paralloy, sur un total de 249 collaborateurs. Fabricant spécialisé dans les produits métallurgiques hautement techniques, le groupe Paralloy (6 sites au Royaume-Uni ; 1 050 collaborateurs et 120 M€ de CA en 2024) est notamment connu pour avoir repris en 2024 Manoir France (470 salariés ; CA : 110 M€), dans l’Eure. Un an après l’opération, l’entreprise connaît 15 % de progression de son chiffre d’affaires et une augmentation des embauches.

Une trajectoire qu’aimeraient suivre les Fonderies Hachette et Driout, ancienne propriété du lyonnais ACI Groupe (1 600 salariés ; CA : 200 M€ en 2024), liquidé par le tribunal des affaires économiques de Lyon. Placées en redressement judiciaire en décembre 2025, les Fonderies Hachette et Driout, positionnées sur les marchés de l’exploitation minière et du nucléaire, avaient basculé en activité partielle, face à des commandes qui se faisaient de plus en plus rares, et entraînées par la chute de leur actionnaire.

7 millions d’euros investis

Sous l’impulsion de Paralloy, l’activité reprendra début mars 2026 dans les ateliers d’Hachette et Driout. Le groupe anglais prévoit l’investissement de 7 millions d’euros pour redémarrer l’activité. Cette somme comprend 2,5 millions d’euros pour le budget de fonds de roulement, près d’un million d’euros de travaux de maintenance, mais également des ravitaillements en fournitures.

L’offre de Paralloy est soutenue financièrement par l’industriel français Framatome (CA 2023 : 4,07 Md€). À ce stade, l’entreprise ne communique pas sur une éventuelle entrée au capital de Framatome, ni sur la nature précise de l’engagement financier de l’industriel. "Framatome va nous donner des contrats sur le nucléaire, notamment grâce aux commandes d’EDF. Mais cela ne se fera pas du jour au lendemain, nous allons continuer de travailler avec nos anciens clients", précise William Olivo, secrétaire du CSE d’Hachette et Driout, membre du syndicat FO et secrétaire de l’Union des Syndicats de la Métallurgie de la Haute-Marne. "Le projet porté par Paralloy est solide et s’inscrit dans une vision industrielle de long terme, avec des investissements conséquents aux côtés de Framatome et d’EDF", réagit également Quentin Brière, maire de Saint-Dizier, en Haute-Marne.

20 millions d’euros

Cette reprise permet aux Fonderies Hachette et Driout de viser les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires pour son premier exercice sous pavillon anglais. L’entreprise réalisait 37,3 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2023. "Nous n’avons pas assez de commandes, ni de chiffre d’affaires, pour repartir avec tous les salariés", commente William Olivo. Afin d’accompagner les salariés licenciés, Quentin Brière annonce la mise en place avec le CSE de l’entreprise d’un comité de suivi élargi. Aux côtés de France Travail, ce dispositif réunira la Région Grand Est, la CCI, la Mission locale et la Communauté d’agglomération du Grand Saint-Dizier pour proposer de l’aide aux anciens collaborateurs de l’entreprise.

Un accident grave

Si un redémarrage est prévu début mars, l’activité de l’entreprise haut-marnaise est à ce stade à l’arrêt complet. Le 24 février 2026, jour de l’annonce du délibéré par le tribunal des affaires économiques de Lyon, un accident grave s’est produit dans les ateliers. Gravement brûlé, l’un des salariés est actuellement hospitalisé au service des grands brûlés.

Deux autres candidats à la reprise

À la barre du tribunal des affaires économiques de Lyon, deux autres candidats se sont présentés pour la reprise des Fonderies Hachette et Driout : Carlesimo Groupe, une holding d’investissement spécialisée dans la fonderie, et l’industriel Acti Groupe, basé dans le Var. Le premier proposait d’investir 2,1 millions d’euros. "C’était trop juste pour redémarrer, et nous n’étions pas sûrs qu’ils nous assurent des commandes", décrit William Olivo. Quant à la seconde offre, elle proposait un investissement d’1,5 million d’euros, sous forme de crédit.

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