En amont des élections municipales, le Medef Sarthe a rencontré en décembre 2025 les différents candidats aux élections municipales pour la ville du Mans : "L’ensemble du conseil d’administration du mouvement était présent, avec des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, témoigne Karel Henry, présidente du Medef Sarthe. Il en ressort en premier lieu que les entreprises souhaiteraient être plus écoutées par les élus dans leurs prises de décisions."
La question du foncier
Les questions d’insécurité arrivent pour la première fois en tête des préoccupations des dirigeants sarthois. "La hausse des incivilités, des dégradations ou les vols de matériel ou de carburants inquiètent les dirigeants et causent des dommages aux entreprises, souligne Karel Henry. Par ailleurs, la question de la fiscalité est aussi une question majeure : elle a beaucoup augmenté, à l’image du versement mobilité, et cela impacte les investissements des entreprises."
Parmi les autres souhaits exprimés par les membres du Medef Sarthe, la disponibilité du foncier et les délais de réponse parfois longs des collectivités, pour permettre aux entreprises de développer leurs projets d’implantation ou d’agrandissement.
"Il y a également la question du logement, ajoute Karel Henry. Les étudiants en alternance, par exemple, peinent à se loger, car il y a peu d’offres ou parce qu’elles ne sont pas adaptées. Or, faciliter leur venue est aussi un marqueur du dynamisme du territoire." Dynamisme qui passe aussi selon la présidente du Medef Sarthe par un renforcement de l’attractivité "en impliquant les acteurs de l’économie locale."
L’organisation patronale a aussi émis le souhait de voir plus d’appels d’offres attribués à des entreprises du territoire. "Il y a parfois des arbitrages incohérents, constate Karel Henry, et nous aimerions plus de considération pour l’économie locale."
Vacance commerciale
De son côté, en amont des élections municipales, la CPME, Confédération des petites et moyennes entreprises, a lancé une consultation nationale afin de connaître les attentes des dirigeants au regard de ce scrutin. "Elles se déclinent en dix points, indique Jean-François Bracq, président de la CPME de la Sarthe, dans lesquels nous nous retrouvons totalement à l'échelle départementale, puisqu'elles relèvent du bon sens. Il s'agit de faire de ce mandat de six ans un moteur pour l'économie locale, en travaillant sur l'emploi, le commerce, l'attractivité, la réindustrialisation ou encore la cohésion."
Un engagement et des évaluations
Parmi ces dix points forts exprimés, la demande d'un travail des élus mené en concertation avec les entreprises, particulièrement en amont des décisions. Se trouve aussi l'établissement d'une stabilité fiscale pour libérer les investissements, un accès facilité aux commandes publiques pour les entreprises locales, avec des délais de paiements réduits, ou encore la redynamisation des centres-villes avec une accessibilité facilitée, une logistique urbaine améliorée et la lutte contre la vacance commerciale.
"On peut imaginer une réduction des taxes locales ou leur suspension pendant les premières années pour favoriser l'implantation d'un commerce, propose Jean-François Bracq. Cela correspond à un investissement sur le long terme et un maire doit aussi agir comme un chef d'entreprise en investissant."
Parmi les propositions déclinées par la CPME, figurent encore la volonté de donner une priorité au foncier pour accélérer les projets productifs ou encore les sujets d'aménagement des territoires pour les rendre attractifs. Le tout avec un réel engagement des élus. La CPME souhaiterait que ceux-ci s'engagent sur des actes et des réalisations à venir dès le début de la mandature, avec une évaluation à mi-mandat et une autre au terme des six ans.