Filière : Roanne mise sur la déconstruction

Filière : Roanne mise sur la déconstruction

Pour développer son tissu industriel, l'agglomération roannaise porte un projet de filière autour du marché de la déconstruction de véhicules lourds.

L'activité mécanicienne de déconstruction peut-elle devenir un axe de diversification du tissu industriel roannais? Roanne a-t-elle la légitimité pour s'imposer comme une place forte en France sur ce marché naissant mais porteur au regard des réglementations futures en terme de recyclage et valorisation? Pour répondre à ces questions, les élus du Grand Roanne ont lancé, il y a quelques mois, une étude visant à démontrer la faisabilité de création d'une unité industrielle de déconstruction de véhicules roulants lourds (blindés, poids lourds, bus, ferroviaire, engins de BTP).




Une unité de déconstruction

Présentés fin septembre, les résultats de cette étude tendent à renforcer les élus locaux dans leur conviction. «Il existe un marché. Les produits en fin de vie sont aujourd'hui très mal traités. À Roanne, nous avons les compétences et le savoir-faire pour construire des matériels roulants. Nous avons Nexter! À partir du moment où nous savons construire, nous avons le savoir-faire, du moins partiel, pour déconstruire», commente Paul Paput, vice-président du Grand Roanne en charge du développement économique. D'après les résultats de cette étude, le marché français de la déconstruction des véhicules roulants lourds s'élèverait à 90.000 tonnes/an. «Le projet que nous avons modélisé vise à traiter 15.000 tonnes par an. L'étude a validé le modèle économique et la pertinence de l'implantation sur Roanne d'une unité de déconstruction qui pourrait déboucher sur la création d'une trentaine d'emplois», affirme Paul Paput. Et de poursuivre: «Nous avons eu de nombreux contacts avec des constructeurs régionaux et nationaux comme Renault Trucks qui sont fortement intéressés par notre démarche».




Un centre de ressources

Pour convaincre les industriels de la pertinence de ce projet et renforcer l'attractivité de leur démarche, les élus du Grand Roanne ont souhaité associer l'unité de déconstruction à un projet de centre de ressources et de formation. Projet qui a été validé par une seconde étude menée par l'Enise, en étroit partenariat avec Nexter, le pôle de compétitivité Viaméca et le cabinet Re-Source. «Si on veut faire de la déconstruction de manière efficace et atteindre 95% de recyclage, il faut lever les verrous technologiques. Aujourd'hui, on démonte des produits qui n'ont pas été éco-conçus et qui sont donc difficilement valorisables. C'est le cas avec les matières composites. Ce centre a pour vocation de lever ces verrous, d'impulser des démarches innovantes, d'apporter des outils méthodologiques aux industriels du secteur et de faire le relais avec les pôles de compétitivité et autres clusters», argumente Paul Paput. Et de conclure: «Pour l'instant, nous sommes encore très en amont dans la démarche de constitution d'une filière de déconstruction. L'unité industrielle et le centre de ressources mettront sans doute du temps à se réaliser. Le développement économique ne se décrète pas, mais nous avons des interlocuteurs prêts à se mobiliser»




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