Le groupe pétrolier américain ExxonMobil vient de signer, mardi 21 octobre, une convention de revalorisation territoriale avec l’État français. Il s’engage à verser 1,8 million d’euros dans les trois prochaines années, une somme permettant de contribuer à la création de 250 emplois sur le bassin de Lillebonne, en Seine-Maritime.
575 emplois supprimés et 65 sous-traitants touchés
Cette obligation de revitalisation territoriale incombe aux grandes entreprises dont les restructurations affectent par leur ampleur l’équilibre d’un territoire. En avril 2024, ExxonMobil avait annoncé l’arrêt de ses activités chimiques sur sa plateforme de Port-Jérôme-sur-Seine, avec notamment l’arrêt du vapocraqueur. Vécue comme une onde de choc pour l’économie normande, la décision génère 575 suppressions de postes (3 licenciements et 572 départs volontaires ou en retraite anticipée) au sein des équipes d’ExxonMobil. Elle impacte aussi 65 sous-traitants du groupe américain, dont 15 sont jugés "très fragilisés" par la préfecture de Normandie. En un an, l’emploi salarié a baissé de 1,6 % sur le bassin de Lillebonne, dont fait partie Port-Jérôme-sur-Seine. Le taux de chômage de ce bassin d’emploi (6,4 % au 2e trimestre 2025) demeure toutefois inférieur à la moyenne du département de Seine-Maritime.
Des mesures de soutien à l’entrepreneuriat
S’ajoutant aux obligations sociales à l’égard des salariés licenciés, la contribution financière d’ExxonMobil comprend des mesures de soutien aux entreprises, à l’entrepreneuriat, à l’insertion et à l’économie solidaire. Elle doit aussi aider le développement de filières locales, comme les projets de la Cité du textile de demain (à Bolbec) et de Cité de la chimie de demain (à Port-Jérôme).
Si le groupe américain a fermé ses activités chimiques à Port-Jérôme, il exploite toujours sur ce site de 600 hectares une raffinerie — la deuxième de France -, qui a transformé neuf millions de tonnes de pétrole brut en 2024, en carburants, lubrifiants ou encore bitumes. Employant 1 300 salariés, elle devrait prochainement être rachetée par North Atlantic, le groupe canadien menant des négociations avec ExxonMobil à ce sujet.