Deuxième raffinerie de France après Gonfreville-l’Orcher (TotalEnergies), le site de Gravenchon, actuellement exploité par la compagnie américaine ExxonMobil, devrait passer dans l’escarcelle du groupe canadien North Atlantic. Ce dernier avait annoncé son intention de reprendre la raffinerie normande en juin dernier.
Négociations exclusives
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le processus avec l’annonce d’une phase de négociations exclusives entre le groupe canadien et la firme texane, qui a déjà cédé à Rhône Énergies sa raffinerie de Fos-sur-Mer en novembre 2024. Les discussions portent sur la cession de 82,89 % du capital d’Esso SAF et de 100 % d’EMCF, les deux sociétés qui exploitent la plateforme pétrochimique située en Seine-Maritime, à Port-Jérôme-sur-Seine. Elle emploie 1 300 salariés.
Des activités chimiques amputées
S’étendant sur 600 hectares, le site a traité neuf millions de tonnes de pétrole brut en 2024, transformées en carburants, lubrifiants ou encore bitumes. L’activité chimique du site a été fortement réduite ces dernières années, avec l’arrêt du vapocraqueur et de ses unités de polyéthylène, de polypropylène et d’adhésifs, entraînant la suppression de près de 700 emplois.
Volonté de développement de North Atlantic
Ayant son siège sur l’île de Terre-Neuve, North Atlantic (400 salariés) exploite 110 stations-service au Canada, gère l'activité de distribution et de logistique de la raffinerie de Terre-Neuve et projette de lancer au Canada un parc éolien s'étendant sur 4 600 hectares. Le groupe a, par le passé, eu des activités de raffinage dans le pays. Et entend bien développer cette activité en Europe. Le groupe canadien indique vouloir "augmenter la capacité du site" et "faire de Gravenchon un centre d’énergie verte". Un virage qu’a commencé à prendre le site normand, notamment en produisant du carburant durable d’aviation (SAF).
Soumise aux autorités de régulation, la transaction pourrait être réalisée au quatrième trimestre 2025.