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Exportateur de volailles, FCV a pris son envol
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Exportateur de volailles, FCV a pris son envol

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Depuis ses bureaux de Saint-Berthevin, FCV (8 personnes, 10 M€ de CA) exporte des volailles françaises dans le monde entier, sous sa marque Marquis de France. À la tête de l’entreprise créée il y a dix ans, Nathalie et Alain Secoué, se rendent cette semaine au salon Gulfood à Dubaï. Ils tablent sur une croissance d’activité à court terme.

Nathalie et Alain Secoué, respectivement directrice générale et président de FCV, participent au salon Gulfood à Dubaï — Photo : Rémi Hagel

FCV, pour Food convenience venture, en anglais, la langue du commerce mondial. FCV a exporté en 2021 plus de 3 000 tonnes de volailles surgelées, à 95 % par fret maritime depuis les ports de Montoir, Le Havre ou Dunkerque. Ses clients importateurs sont des enseignes de grande distribution, et des grossistes qui fournissent les hôtels, restaurants et collectivités. Ses marchés se trouvent dans les pays du Golfe Persique (Émirats, Qatar, Bahreïn, etc.), en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, etc.), aux Antilles, et jusqu’aux lointains territoires de Polynésie et de Nouvelle-Calédonie. Avec un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, FCV retrouve presque son niveau de 2019, et envisage d’augmenter son activité pour atteindre 12 millions d’euros en 2022 et 15 millions d’euros en 2025. Cela passera par de nouveaux territoires d’exportation, comme l’Asie ou le Canada, estiment les patrons Nathalie et Alain Secoué. Ils comptent notamment s’appuyer sur le retour des salons professionnels, passé le Covid : Anuga FoodTech s’est tenu à Cologne en octobre 2021, le SIAL est espéré à Paris pour octobre prochain. Et entre les deux, les Mayennais participent au salon Gulfood à Dubaï, du 13 au 17 février. "On espère que ce sera le salon de la renaissance. Dubaï est une plaque tournante. Cela draine toute l’Afrique de l’Est, l’Océanie, l’Asie. Nous y sommes déjà allés trois fois".

Quarante ans de volaille

FCV est installée en périphérie lavalloise, son activité hors des frontières la rend peu visible. Pourtant, Secoué est un nom connu du milieu agricole mayennais. Alain Secoué travaille dans la volaille depuis quarante ans tout juste, et a notamment dirigé l’abattoir familial du même nom à Chailland. Ce dernier est passé sous le giron d’Agrial, puis de LDC ; Alain et son épouse Nathalie ont lancé l’aventure FCV en 2011. Ils vendent des volailles nées, élevées et abattues en France, la plupart sont estampillées de leur marque, Marquis de France. Ces dindes et ces poulets ne sont pas produits à Saint-Berthevin, mais par les éleveurs d’une douzaine d’entreprises partenaires du Grand Ouest, petites et grandes. Leurs abattoirs alimentent les gammes de FCV en fonction des commandes.

" Notre métier, c’est assembleur"

Au final, FCV a constitué un catalogue de 400 références, du poulet Label Rouge aux tranches de foie gras IGP du Périgord. Ce dernier, par exemple, intéresse des hôtels de luxe à Bora-Bora… On est loin de l’image du poulet américain bas de gamme. C’est d’ailleurs un argument de vente. "Les poulets brésiliens ou venant des États-Unis sont congelés à l’eau. Les nôtres sont congelés à sec, c’est-à-dire avec une qualité identique à un produit frais". Alain Secoué insiste : "Nous ne sommes pas des traders. Notre métier, c’est assembleur". FCV compose des cargaisons pour répondre à la commande de ses clients : "Cela peut être un carton d’escalopes, comme un container complet comprenant 80 références différentes". Dans ce commerce, le quotidien est composé d’un important travail de suivi administratif et sanitaire, les exigences variant selon les pays destinataires.

L’activité a souffert de la crise du Covid, quoique modérément. Plus inquiétante est la grippe aviaire. Les portes de l’exportation se ferment pour les départements touchés. On en compte huit à ce jour. "Nous tenons une cellule de crise ici tous les matins pour faire le point". Malgré tout, les perspectives de l’entreprise sont bonnes. À Saint-Berthevin, des bureaux supplémentaires sont en cours d’aménagement. "On était cinq il y a deux ans, on est huit aujourd’hui". La petite entreprise a pris son envol.

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