Les voitures électriques pourront bientôt se charger automatiquement dans n’importe quel endroit équipé de la technologie développée par la start-up grenobloise Gulplug (7 salariés, 242K€ de CA). C’est du moins le souhait de son dirigeant Henri Trintignac, qui espère que les gestionnaires de parking et les constructeurs automobiles adopteront massivement cette solution, reposant sur un système magnétique hérité de l’Institut Néel-CNRS à Grenoble.
C’est pour accélérer le développement de cette technologie que la pépite, créée en 2014, a lancé il y a quelques jours une levée de fonds participative, qui vise à récolter au moins 500 000 euros. "Ce montant nous permettrait de doubler la somme de 637 000 euros que nous avons réunie récemment auprès des fondateurs, du management et d’investisseurs individuels", explique le directeur général.
"Nous sommes dans une phase de développement que les investisseurs classiques considèrent comme trop risquée encore. Cette levée de fonds va nous permettre de passer des étapes, le temps que les fonds de capital risque prennent le relais", poursuit le dirigeant. Une nouvelle levée de fonds de 8 millions d’euros est ainsi prévue en début d’année prochaine.
Vente de licence
À ce jour, Gulplug développe et propose trois offres complémentaires : un mécanisme magnétique, baptisé PAM!, qui permet de brancher et débrancher automatiquement un câble sur la prise de recharge du véhicule, sans intervention humaine. Ce système, qui peut être intégré dans des bornes de recharge ou dans le sol, a déjà été adopté par l’américain Westfalia, l’un des leaders mondiaux de systèmes de parking automatisés. Ce dernier, qui exploite une licence accordée par la start-up grenobloise a mis la solution sur le marché "depuis un bon mois", explique le dirigeant.
La pépite développe également, Selfplug, solution complète basée sur la techno PAM! et comprenant le module PAM!, l'électronique pour gérer le flux d'énergie bidirectionnel (V2G) et le système de contrôle pour garantir la sécurité, la communication avec le réseau électrique. Ce deuxième étage de la fusée est destiné à être intégré dès la conception des futurs véhicules électriques. "Tout notre travail est de convaincre les constructeurs du bien-fondé de notre technologie", poursuit Henri Trintignac.
L’entreprise iséroise a déjà franchi une belle étape en ce sens puisque "7 constructeurs de premier plan ont évalué le système ou sont en cours d’évaluation, et l’un d’entre eux a démarré un projet de pré- développement".
Projet qui devrait conduire le constructeur, dont le nom n’est pas public pour l’instant, à équiper plusieurs véhicules électriques de sa future gamme de la technologie de Gulplug, dès 2029. Ces deux premières offres reposent sur un système de licence, qui permet à Gulplug de céder aux parkings et constructeurs le droit d’intégrer sa technologie, en échange de revenus et sans investissements massifs de sa part.
Un logiciel de supervision
Gulplug développe enfin un logiciel de supervision destiné à gérer à terme les points de charge automatiques équipés de sa solution de recharge bidirectionnelle. "Un véhicule électrique est utilisé 5 % du temps, les 95 % restant il est stationné. Notre système va donc permettre de le connecter directement au réseau et de le transformer en moyen de stockage d’énergie", poursuit le dirigeant. Une solution, qui permettra au propriétaire du véhicule de louer une petite partie de sa batterie et ainsi de réduire le coût de sa mobilité. "Le développement de notre logiciel en est à ses prémices", avance Henri Trintignac. À terme, le dirigeant espère que le logiciel représentera la moitié des revenus de l’entreprise.