Stellar Télécommunications commercialise depuis six mois sa solution de haut débit pour les véhicules, dévoilée lors du CES de Las Vegas en 2024. Le logiciel Saas Steer basé sur l’IA garantit aux futurs véhicules de capter internet partout et tout le temps, en exploitant tous les réseaux satellites, cellulaires et wifi. Finis les appels qui s’interrompent ou les GPS qui cessent d’indiquer la route en rase campagne.
Une box pour adapter le logiciel à la flotte existante
En attendant le renouvellement du parc automobile, Stellar a aussi développé une box qui incorpore le logiciel et se branche à l’allume-cigare des voitures, camions et bus. "Nous n’avons que des retours positifs", se réjouit Damien Garot, le directeur général et fondateur. L’entreprise basée à Bruges (Gironde) compte 15 salariés et a ouvert des bureaux en Allemagne et au Luxembourg, "à proximité directe du monde de l’automobile".
"Une start-up qui réalise le plan qu’elle s’était fixé à cinq ans ça n’existe pas, elle est vouée à mourir."
Elle s’adresse aussi aux flottes de mobilité et aux industriels des réseaux comme des opérateurs de bornes de recharges électriques, de vente de tickets de transport, ou des opérateurs d’éclairage. "Ce n’est pas parce que les bornes ou lampadaires sont fixes qu’ils ne subissent pas des réseaux instables, quand il pleut ou la nuit quand les opérateurs télécoms baissent les flux par souci d’économie." Stellar a sécurisé l’accès à 420 réseaux cellulaires et 18 réseaux satellites.
Son logiciel propose de fonctionner "comme le Waze des réseaux" selon ce que son client considérera comme sa priorité : le réseau le moins cher, le plus rapide, etc. Son modèle reste et restera BtoB, "c’est dans notre ADN", affirme Damien Garot.
Démontrer le produit plus rapidement
En revanche, Stellar a revu une partie non négligeable de sa copie pour gagner du temps et démontrer la viabilité de son produit. À ses débuts en 2021, l’entreprise tablait sur une solution combinant logiciel, boîtier et constellation de satellites en orbite basse lancée en propre. "Une start-up qui réalise le plan qu’elle s’était fixé à cinq ans ça n’existe pas, elle est vouée à mourir", estime l’ingénieur spatial. "Nous sommes à l’écoute de notre marché. Alors que l’on présentait notre projet de constellation, c’est le logiciel qui intéressait davantage. Cela ne signifie pas qu’on ne se lancera pas, seul ou en association, mais pour l’instant, on s’appuie sur l’offre de service existante. Nous attendons de voir ce que va faire l’Europe qui a annoncé sa propre constellation en concurrence à Starlink."
Dans 16 pays
La start-up a aussi mis en stand-by les marchés ferroviaires et maritimes. "Le ferroviaire prend beaucoup de temps, notamment à cause du contexte normatif", justifie le dirigeant. Sachant que les certifications pour l’automobile sont déjà denses. C’est pour s’assurer que le logiciel les obtienne toutes et accélérer son développement commercial que Stellar a levé 9,3 millions d’euros début novembre auprès d’investisseurs privés et publics, avec notamment des financements de la Région. "Nous commercialisons déjà dans 16 pays, sur trois continents."