Après les smartphones, les appareils ménagers, les voitures, le phénomène du reconditionnement gagne les bateaux. Donner une seconde vie à des bateaux ayant vécu, en offrant toutes les garanties du neuf ainsi que le confort moderne vient de prendre forme avec l’ouverture de Reboat, à Lorient. Cet atelier, d’un genre nouveau, se positionne sur le créneau de la reconstruction de bateaux, de A à Z avec des garanties à la clé. "Nous offrons une alternative au neuf et à l’occasion", résume Dimitri Caudrelier, l’un des porteurs du projet. Reboat est en effet un projet collectif avec trois actionnaires : Dimitri Caudrelier, Vincent Taupin et Kaourintin Neuder, marins expérimentés et dirigeants aguerris.
Une alternative entre le neuf et l’occasion
"Nous étions face à des bateaux d’une vingtaine d’années, reconnus pour leur qualité, mais qui n’étaient plus au goût du jour ni aux normes actuelles. Dans le même temps, le prix des bateaux neufs a flambé. Il nous semblait donc intéressant de proposer une alternative qui associe économie et qui réduit l’impact environnemental", commente Dimitri Caudelier. Durant deux ans, les trois dirigeants ont peaufiné leurs idées, validé les étapes de reconditionnement, et surtout trouvé un local adapté. C’est à Lorient, au cœur de l’écosystème nautique, à La Base, qu’ils se sont établis sur 1 000 m².
Un ckeck-up complet
"Nous ne sommes pas un chantier naval mais un atelier. Notre travail se rapproche davantage de l’artisanat", commente Kaourintin Neuder. Avec leur équipe de six salariés, aux expertises complémentaires mais tous navigants, ils désossent, contrôlent, réparent, adaptent, réaménagent, valident les pièces de chaque bateau de la cale au mât. Ainsi, sur la série des voiliers Yellow, une flotte de bateaux de location de la Trinité-sur-Mer qui va passer par les ateliers de Reboat, il faudra compter 300 heures de travail. "Au final, les clients auront l’impression de monter sur un bateau neuf." Rien n’est négligé, de la luminosité plus présente en cabine jusqu’aux ports USB. "Entre le prix d'un bateau neuf et un d'occasion, il y a parfois une multiplication par 5 voire par 7. Nous, côté prix, nous nous situons entre les deux."
Outre la flotte des Yellow, Reboat se positionne aussi sur une approche clients sur mesure. La PME peut répondre à leurs besoins soit en remettant aux configurations leur bateau, soit en les accompagnant dans l’achat d’un bateau d’occasion qui sera totalement reconditionné et aménagé selon leurs souhaits. "Nous connaissons parfaitement les bateaux et il est possible que nous fassions du reconditionnement en série de tel ou tel bateau", précise encore Dimitri Caudelier. Les dirigeants entendent aussi se rapprocher des grandes marques du nautisme "afin de valoriser leurs occasions."
Rentable en 2026
2025 sera pour l’entreprise une année de validation. "L’objectif est d’être profitable en 2026 avec une quinzaine de travaux sur lesquels nous opérons. Nous aurons déjà cinq ou six bateaux Yellow à reconfigurer. L’étape suivante sera de s’ouvrir aux catamarans", dévoile Vincent Taupin. D’autres horizons pourraient alors s’ouvrir : Reboat n’exclut pas une ou deux autres implantations sur d’autres bassins de navigation comme la Méditerranée "où les bateaux sont plus gros."