Les femmes entrepreneures dans les métiers de "la tech" existent. Pour les aider à rayonner davantage, l’incubateur lillois EuraTechnologies et l’accélérateur international de croissance tech JFD ont décidé d’unir leurs forces et de créer un réseau professionnel qui leur est entièrement dédié. "C’est un réseau d’affaires et non une association de rencontre même si ce dernier n’empêche pas les rencontres, tient à préciser d’emblée Delphine Rémy-Boutang, fondatrice de JFD. Les femmes sont invisibilisées, notamment dans les médias et cela limite leur accès aux financements et aux opportunités", regrette-t-elle.
Des dirigeantes oubliées des financeurs
Plus d’une centaine de femmes ont fait le déplacement pour l’occasion, toutes vêtues d’une chemise blanche, à la demande des organisatrices. "On voulait marquer les esprits car elles ont besoin de lumière pour aller plus vite et plus loin, explique Delphine Rémy-Boutang. La chemise blanche est un appel à l’innovation et à la créativité, à l’image de la page blanche."
Cette sous-représentation des femmes, à la tête d’entreprises de rupture technologique, semble s’accentuer avec l’émergence de l’intelligence artificielle. À l’échelle européenne, le taux de start-up fondé par des femmes plafonne à seulement 15 %. "98 % des fonds disponibles pour les start-up sont alloués à des hommes, rappelle Koussée Vaneecke, présidente du directoire d’EuraTechnologies. Le problème n’est donc pas intrinsèque aux femmes mais conjoncturel. On veut rappeler aux investisseurs que les femmes sont là."
Un réseau par et pour les femmes
Face à un tel constat, ce club 100 % féminin se veut un tremplin bienveillant permettant de "dépasser la première porte du rendez-vous de recrutement, détaille Koussée Vaneecke. Les femmes se sont déjà saisies de l’intelligence artificielle ou développent des technologies qui visent à les intégrer. Nous le voyons tous les jours dans les start-up que nous accompagnons au sein d’EuraTechnologies."
L’enjeu est à la fois sociétal et économique. "On sait qu’une start-up prend du temps. 50 % des entreprises meurent au bout de deux ans en France. C’est pour cela que nous voulons aider les femmes à accélérer leurs projets", appuie Delphine Rémy-Boutang.
Une réponse à une demande forte
Les organisatrices notent un vrai enthousiasme pour cet évènement : en deux jours, plus de 80 femmes s’étaient inscrites. Les dirigeantes présentes n’ont en tout cas pas besoin d’être encouragées ce jour-là pour prendre la parole. Les témoignages s’enchaînent avec comme refrain cette notion d’image qui colle à la peau de "la femme". Beaucoup racontent avoir été prises pour une secrétaire lors d’un tour de table en vue d’une levée de fonds.
Le club se réunira toutes les six semaines pour des partages d’expériences, de compétences et des opportunités de networking. Les femmes membres bénéficieront de l’accompagnement d’EuraTechnologies et de l’accès privilégié au réseau de JFD, constitué de plus de 50 000 membres dans le monde.