Puisqu'au jeu de la bataille, il faut minimum deux camps, nous comptons les pro et les anti. Les choses se compliquent quand on multiplie la donne par deux. Nouveau tour de table, redistribuons les cartes, nous voilà avec les pro et les anti Strasbourg... Mais aussi, en corrélation, les pro et les anti... Bruxelles ! Vous l'aurez compris, le trésor de guerre, le butin central dans cette bataille, c'est ce géant de verre, le Parlement européen. Posé nonchalamment au bord de l'eau, il sacre Strasbourg capitale européenne. Une capitale au coeur de débats réguliers quant à la question du siège unique ici ou à Bruxelles. Les eurodéputés travaillent sur les deux sites et font la navette une semaine par mois vers l'Alsace pour les sessions plénières. C'est lors de la session de novembre qu'ils ont eux-mêmes voté la réduction du nombre de mini-sessions additionnelles tenues à Bruxelles pour le calendrier 2018. De dix en 2015, elles passeront à trois en 2018. Voilà de quoi satisfaire les voix qui s'élèvent contre les coûts engendrés par un processus législatif européen multipolaire. Les pro Strasbourg y voient aussi une aubaine pour une suppression, à terme, de ces sessions bruxelloises au profit d'un rapatriement complet à Strasbourg. D'autant plus en prévision de la période de travaux de rénovation des bâtiments du centre de congrès bruxellois, inofficiellement nommé Parlement européen. Dans tout cela, la réserve foncière de 30.000 m² pour attirer une partie de l'administration des institutions européennes sur le futur quartier d'affaires international au Wacken, a-t-elle une carte à jouer ?