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Eole Stab en quête de fonds pour financer sa plateforme pour l'éolien flottant
Var # Production et distribution d'énergie # Levée de fonds

Eole Stab en quête de fonds pour financer sa plateforme pour l'éolien flottant

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Spécialisée dans les plateformes pour éoliennes flottantes, l’entreprise toulonnaise Eole Stab ouvre une première levée de fonds de 1,5 million d'euros via des bons de souscription d'actions BSA-Air. Avant un deuxième tour de table de 9 millions d'euros prévu fin 2026 pour financer un démonstrateur en mer.

L'équipe Eole Stab, avec (de gauche à droite) : Julien et Philippe Durand, Benjamin Schoumaker, Stéphanie Durand et Thomas Choisnet — Photo : DR

En 2025, l’entreprise toulonnaise Eole Stab a changé d’échelle en structurant une équipe dirigeante. "Mais ce n’est que le début", souligne Julien Durand, son président et cofondateur, avec sa sœur Stéphanie Durand. Ils ont nommé il y a quelques mois un directeur général, Thomas Choisnet et un directeur technique, Benjamin Schoumaker. Objectif : aller lever des fonds pour passer de la phase de conception à la phase de réalisation, puis d’industrialisation.

Un prototype dès 2026, un démonstrateur à horizon 2028

Prochaine étape : la réalisation, cette année, d’un prototype à l’échelle 1/10e de 10 kW en Rade de Toulon, une plateforme de 6 mètres de diamètre, ancrée à une dizaine de mètres de profondeur, avant la validation en mer d’un démonstrateur raccordé au réseau entre fin 2027 et début 2028. "Les années précédentes, nous avons mené nos travaux sur le design de la solution et validé qu’elle serait 30 % moins chère que celle de nos concurrents, à périmètre comparable", ajoute le président. Cette solution est une plateforme capable d’accueillir des éoliennes flottantes. La plateforme, en forme de donut, offre aux éoliennes en pleine mer un support complètement stable. Elle est conçue pour résister à toutes les conditions de mer et de vent, y compris lors de tempêtes centennales.

Eole Stab réalise des essais avec le concours des étudiants de l’école d’ingénieurs SeaTech — Photo : Université de Toulon

Après une récente augmentation du capital social, de 200 000 euros à un peu plus de 1,1 million d’euros et l’intégration des cinq premiers brevets couvrant la technologie, la start-up a émis des BSA-Air (Bons de Souscription d’Actions — accord d’investissement rapide).

Vers un tour de table à 9 millions d’euros

Cette solution permet à des investisseurs d’entrer au capital sur la base d’une valorisation calculée non pas au moment du versement des fonds mais au moment de l’exercice du BSA-Air. La clôture est fixée à la fin du premier trimestre 2026. "Cette option avec un objectif de lever 1,5 million d’euros, nous permet de nouer une relation préférentielle avec certains investisseurs et de poser les bases d’une future levée en Série B", explique Stéphanie Durand.

Ce deuxième tour de table, d’un montant de 9 millions d’euros, est prévu pour la fin 2026. Il permettra de financer le démonstrateur, dont le budget s’élève à 40 millions d’euros et de renforcer les équipes : "Nous serons une dizaine en fin d’année, puis une vingtaine. Nous n’avons pas vocation à industrialiser la solution et allons nous appuyer sur des infrastructures existantes", ajoute Thomas Choisnet.

Un nouveau souffle pour l'éolien

Parti avec de l’avance, Eole Stab espère bien être là lorsque le marché repartira, un marché qui a été un temps dans le creux de la vague, mais qui amorce une nouvelle phase de développement. "Malgré l’opposition de Donald Trump, le juge fédéral de Washington a donné son feu vert au redémarrage d’un projet d’éolien en mer de 1 000 mégawatts au large de New York, qui devrait alimenter 500 000 foyers. Le gouvernement britannique a attribué une capacité éolienne offshore record de 8,4 gigawatts lors du 7e cycle d’attribution. Il y a des fermes pilotes en France, au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal. Les fondamentaux restent très bons", assure le directeur général. Rien qu’en France, plus de 5,3 gigawatts de projets ont été attribués au 1er janvier 2025, dont plusieurs parcs flottants destinés à entrer en service autour de 2031, tandis que la Programmation pluriannuelle de l’énergie fixe l’objectif national à 18 GW d’éolien offshore d’ici 2035 et 45 GW d’ici 2050. Autant de signaux qui confortent Eole Stab, au stade de la maturation technologique et de la validation industrielle de sa solution.

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