Entreprises agroalimentaires : Changer d'image pour mieux recruter!
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Entreprises agroalimentaires : Changer d'image pour mieux recruter!

Ouvrir leurs portes aux lycéens pour les inciter à les rejoindre. C'est le défi lancé il y a maintenant trois ans par l'Association bretonne des entreprises agroalimentaires.

«On ne sait pas ouvrir nos portes». C'est en ces termes que Gilles Bocabeille, patron de Soréal-Ilou (50 salariés, CA de 12M€), à Brie (Ille-et-Vilaine), pose le décor. Les entreprises bretonnes de l'agroalimentaire ont aujourd'hui un gros déficit d'image. Pire, si elles savent parfaitement communiquer sur les produits qu'elles fabriquent, elles ont de réelles difficultés à parler de leur métier. À l'inverse du bâtiment ou de la métallurgie, qui ont engagé de grosses campagnes de communication ciblées depuis quelques années.




550 jeunes dans 20 PME

Résultat, alors que la filière se porte plutôt bien, et qu'elle crée des emplois malgré le contexte de crise, elle a du mal à faire venir des jeunes dans ses murs. Face à cette difficulté, l'ABEA (Association bretonne des entreprises agroalimentaires) a décidé de prendre le taureau par les cornes. Elle vient ainsi de renouveler ses ?Rendez-vous lycéens dans l'agroalimentaire?. Au cours de l'année scolaire 2009-2010, 550 jeunes vont apprendre à découvrir ce secteur qui a tant de mal à les séduire. Au programme: l'accueil de classes dans une vingtaine d'entreprises de la région, des rencontres entre des lycéens et des salariés et, encore plus parlant, l'essai pendant une demi-journée de la fabrication de produits, en temps réel sur les lignes.




Problème d'attractivité

«On aime bien recruter de Bac Pro à BTS. Or, sur les métiers de la production et de la maintenance, c'est beaucoup plus difficile», explique Gilles Bocabeille. En essayant de capter leurs futurs salariés dès le lycée, les professionnels de l'agro espèrent donc régler leur problème d'attractivité. Et faire venir des collaborateurs intéressés spontanément par le secteur et non par dépit. Ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui, comme l'a vécu Soréal-Ilou. Lorsque, il y a deux ans, il a fallu recruter une vingtaine de collaborateurs suite au rapatriement d'une activité provençale sur son site de Brie, Gilles Bocabeille se souvient. «J'ai reçu 80 candidats, et dans les vingt qui sont restés, un ou deux seulement venaient des cycles de formation de la filière. Le reste? C'était des jeunes en fin de droit, avec des problèmes sociaux, en surendettement. Je ne trouve pas normal que ça soit à nous de rattraper ces jeunes.»

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