Jean-Rémy Bergounhe possède un talent rare : il sait conduire une voiture en équilibre sur deux roues. Acquise pendant son adolescence à Millau, cette compétence lui vaudra une première carrière de cascadeur. Et une deuxième de fonceur, qui démarre en 1984 sur une machine à bois. Menuisier de formation, Jean-Rémy Bergounhe fabrique, dans sa ville natale, des sommiers. Il vend son artisanat dans toute la région, puis dans toute la France, rachète la petite entreprise de l’un de ses clients strasbourgeois, négociant en literie. S’il se forme seul, en autodidacte, à la gestion, au management, là n’est pas l’essentiel. Guidé par son amour du bois, et par un tempérament d’entrepreneur, l’Aveyronnais reprend une deuxième société, puis une troisième, et constitue progressivement un groupe, baptisé Finadorm, autour de cinq pôles : production de literie, distribution de literie, conception et fabrication d’habitats de loisir, création de mobilier et aménagement d’espaces pour la petite enfance, constructions en bois.
La stratégie mise en place par l'entreprise occitane vient d'être récompensée ce mercredi 2 juillet par un trophée 2025 de la Cérémonie Entreprise du Futur, un événement organisé en partenariat avec Le Journal des Entreprises.
L’exigence du Made in France
Avec le rachat de l’emblématique Dunlopillo, en 2020, puis de la Compagnie du Lit et de sa centaine de magasins, en 2022, Finadorm devient un poids lourd français de la literie. Le groupe se présente aujourd’hui comme une constellation de 11 PME — dont 5 en Aveyron, en plus du siège à Luc-la-Primaube — dotées d’une large autonomie, qui réalisent ensemble un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros et emploient 1 200 salariés.
7 engagements RSE
Son enracinement régional, ses expertises dans la filière bois et son exigence du made in France, inclinent naturellement Finadorm vers la RSE. En 2022, l’entreprise a structuré et explicité une démarche complète, Fin’Impact, autour de 7 engagements — de la réduction du CO2 à la circularité des produits en passant par le bien-être des collaborateurs. "Notre groupe est composé de faiseurs, plus enclins à la pratique qu’à la théorie. Aussi avons-nous adopté une démarche pragmatique, en élaborant et en expérimentant ensemble, chaque année, des actions de terrain, avant de les évaluer, d’étendre et de pérenniser celles qui fonctionnent", explique Sandra Freeman, la directrice de la transformation.
À la manière d’une série TV, Fin’Impact est découpée en saisons, qui se terminent en juin par la réunion de l’ensemble des collaborateurs dans un camping, où sont présentés les progrès obtenus et les initiatives à venir. Les chantiers sont conduits par des équipes transverses, issues de tous les métiers et de toutes les PME du groupe.
Ce dispositif a notamment impulsé la réalisation d’un bilan carbone annuel, l’audit régulier des fournisseurs en fonction de critères ESG, l’écoconception de premiers produits ou encore le lancement de la Fin’Académie, structure de formation interne sur les pratiques durables. "Fin’Impact crée beaucoup de liens entre nos entités, des habitudes de réflexion et de travail en commun, qui nous permettent d’exploiter encore mieux les complémentarités au sein du groupe", observe Sandra Freeman. Depuis 40 ans, Finadorm écrit un scénario en trois mots : envoyer du bois.