Valérie Létard était de passage dans la Loire, jeudi 20 février, pour visiter les sites de Noirétable et Balbigny du spécialiste de la construction modulaire bois et hors-site Ossabois (250 salariés, 40 M€ de CA). À cette occasion, la ministre du logement a rappelé la volonté du gouvernement d’accélérer la production de logements (étudiants et sociaux notamment) et a loué le modèle de construction hors-site développé par la filiale du constructeur et promoteur toulousain GA Smart Building (800 salariés, 300 M€ de CA).
Le hors-site, une solution pour accélérer la production de logements
"À l’heure où nous souhaitons accélérer la production de logements étudiants et sociaux, Ossabois est l’illustration de ce qu’il faut commencer à massifier et développer pour atteindre des objectifs qui visent à faire converger trois choses : les enjeux environnementaux qui sont devant nous, des enjeux de pouvoir d’achat, et des enjeux économiques. La construction hors-site permet de produire rapidement, à des coûts maîtrisés, des logements de haute qualité environnementale, adaptables et modifiables. Quand vous avez une ossature béton, c’est plus compliqué. Ici, on est au cœur de ce qui pourrait être l’habitat de demain", a développé Valérie Létard.
Un moyen de favoriser l’accession à la propriété
Désireuse d’encourager le développement de ce modèle de construction, la ministre du logement voit aussi dans le hors-site et l’exemple d’Ossabois une solution capable de répondre aux besoins d’accession à la propriété des ménages les moins aisés. "Au moment où l’on développe et étend le prêt à taux zéro à l’ensemble du territoire, on a ce type de solutions. De nouvelles perspectives s’offrent à nos populations pour accéder à la propriété", a-t-elle ajouté.
Une réglementation incendie qui va booster la filière
Pour faciliter la montée en puissance de la construction modulaire bois et hors-site, la ministre du logement a annoncé la levée des interrogations sur les normes incendies. "Plusieurs décrets doivent être pris d’ici fin juin mais après un gros travail de recherche, de modélisation et de sécurisation du process pour qu’il soit aux normes incendies attendues par le ministère de l’intérieur, une nouvelle réglementation a été validée hier, a indiqué la ministre. C’était l’un des derniers points qui faisait obstacle au développement et à la massification de la construction modulaire bois et hors site. Pour cette filière, c’est une avancée considérable."
Jusqu’à présent, trois réglementations incendie existaient : une pour les établissements recevant du public, une pour les lieux de travail et une pour l’habitation. Après six ans de travail et de recherche scientifique, les différents ministères et acteurs concernés ont fini par se mettre d’accord sur une seule et même réglementation.
"Les règles ne sont pas allégées, elles sont clarifiées, un peu renforcées même et surtout harmonisées. Cela va permettre de sécuriser les projets. Là où parfois on trouvait des règles différentes d’un service départemental d’incendie à un autre, on va désormais avoir une règle harmonisée et claire pour l’ensemble du territoire", explique Guillaume Voisard, membre du cabinet de Valérie Létard.
Des projets bloqués par manque de clarté
Les grands principes de cette nouvelle réglementation incendie devraient être présentés par le gouvernement la semaine prochaine. "Cela va permettre de développer la construction bois tout en ayant un niveau d’exigences élevé en termes de sécurité incendie", assure Guillaume Voisard.
Du côté de GA Smart Building, cette nouvelle était attendue de longue date. "On vit dans une réglementation qui a été fabriquée autour du béton et d’un mode constructif historique qui consiste à couler sur place. Avoir une réglementation qui nous accompagne et nous permette de nous stabiliser en travaillant au rythme industriel qui est le nôtre est une bonne chose, se réjouit Sophie Meynet, directrice générale de l’Immobilier Résidentiel de GA Smart Building. Cette réglementation, c’était un des gros sujets pour nous. On a eu beaucoup de projets bloqués à cause d’avis différents en fonction des régions et des doctrines. Une fois que l’on connaîtra la règle, on pourra déployer l’outil industriel en conséquence."