"Les chiffres ne sont pas positifs mais pas catastrophiques non plus, ils portent le mal-être de la construction neuve." Ce mardi 24 septembre, Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, a donné le ton d’entrée, lors d’un point presse. Si la situation de la filière demeure toujours préoccupante, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, ne veut pas rester les bras croisés.
"C'est une satisfaction de voir une ministre de plein exercice qui connaît bien le sujet"
Elle compte bien faire passer quelques messages au nouveau gouvernement dont les membres concernés par le bâtiment ont été passés au peigne fin. En particulier à Valérie Létard, désignée ministre du Logement et de la Rénovation urbaine. "C’est une satisfaction de voir une ministre de plein exercice qui connaît bien le sujet. Mais le spectre de la dénomination nous interroge : rénovation urbaine, cela veut dire détruire des ensembles et reconstruire du neuf ? Nous pensions que la priorité était de rénover du stock, j’imagine que c’est une erreur de frappe ou d’analyse", ironise-t-il.
Une aide directe pour les ménages
Pour le responsable de ce syndicat, face aux incertitudes qui rongent la filière composée de TPE, le plus simple serait d’organiser un Grenelle du logement, une revendication déjà proposée, qui "aille du neuf jusqu’à la rénovation". Pas une grand-messe, précise-t-il, mais un rendez-vous permettant d’aborder toute une série de "solutions pratiques". Une manière de trouver des clefs pour l’avenir. Mais aussi, peut-être, de faire le point sur des dispositifs potentiellement menacés comme l’incontournable MaPrimeRénov'. "Mais de quel ministère dépend-elle ?", se demande le patron de la Capeb. Une chose est certaine, "il faut que ce dispositif d’aide aux particuliers soit stable avec un budget conforme à l’année dernière". "Pas question que l’on revienne au premier coup de crayon posé en janvier 2024, lance son dirigeant. Après la réforme de la réforme au printemps, l’activité avait bien redémarré… C’est une aide directe pour les ménages, pas pour les entreprises !"
Toujours dans le domaine de la transition écologique, l’organisme a une proposition : la création d’un "prêt à la rénovation énergétique auprès de banques". " Cela redonnerait du pouvoir d’achat aux Français. On pourrait accélérer fortement l’activité et la rénovation énergétiques", estime Jean-Christophe Repon.
Promouvoir la marque "Artisans du bâtiment"
Autre source d’inquiétude, l’accompagnement des entreprises pour l’apprentissage qui pourrait être rogné dans le cadre de la chasse aux économies lancée tous azimuts. Il y a actuellement 100 000 apprentis dans le bâtiment et il faut que le mécanisme "soit maintenu au minimum pour les entreprises de moins de dix salariés", assène le syndicat qui a bien conscience "des difficultés budgétaires".
Incertain, l’avenir passera aussi par la mise en valeur du savoir-faire auprès du grand public. La Confédération va donc pousser au maximum et "rebooster à l’extérieur" sa marque "Artisans du bâtiment" via notamment une plateforme internet qui permet aux particuliers de "trouver le bon professionnel au bon endroit".
L'activité des artisans recule
Il y a urgence : au premier trimestre 2024, l’activité des entreprises artisanales du bâtiment a diminué de 1,5 % à la même période en 2023, selon une note de conjoncture de la Capeb. Les carnets de commandes représentent 74 jours de travail à venir. C’est 13 jours de moins qu’un an auparavant.