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En resserrant ses liens avec Carrefour, Cloé envisage de doubler les livraisons de jeunes bovins
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En resserrant ses liens avec Carrefour, Cloé envisage de doubler les livraisons de jeunes bovins

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L’union de coopératives agricoles Cloé, basé à Coin-lès-Cuvry en Moselle, vient de signer un nouvel engagement avec l’enseigne Carrefour pour continuer à approvisionner en viande bovine les magasins du Grand Est.

Actuellement, dans le cadre de la filière Prim’Herbe, Cloé livre autour de 25 bêtes par semaine pour approvisionner les magasins Carrefour du Grand Est — Photo : Jean-François Michel

Pour Bruno Colin, le président du conseil d’administration de l’union des coopératives Cloé, "la préoccupation d’un éleveur aujourd’hui, c’est de produire ce que le consommateur va consommer demain". Le dirigeant vient de recevoir Alexandre De Palmas, directeur exécutif de Carrefour en France, pour resserrer les liens existants entre l’enseigne de distribution (CA : 94,5 Md€ ; 500 000 collaborateurs) et Cloé, structure regroupant les coopératives agricoles Lorca (CA : 395 M€) sur la Moselle, CAL (CA : 295 M€) pour la Meurthe-et-Moselle, et Comptoir Agricole (CA : 290 M€) pour le territoire alsacien. Lancée en 2002, installée à Coin-lès-Cuvry en Moselle, l’union de coopératives Cloé collecte 65 000 bovins par an auprès de 2 000 éleveurs, et organise la mise en marché des animaux pour un chiffre d’affaires de près de 95 millions d’euros.

Augmentation des livraisons de bêtes répondant au Label Rouge

"Ce partenariat permet aux producteurs d’avoir des débouchés sécurisés", rappelle Bruno Colin. En se rapprochant de Cloé en 2020, les équipes de Carrefour sont venues chercher de la viande de qualité Label Rouge, avec la volonté de redévelopper les rayons "boucherie traditionnelle" de l'enseigne. Les résultats ne se sont pas fait attendre : "Toutes les semaines, nous commercialisons 40 bêtes de qualité Label Rouge pour Carrefour", dévoile Bruno Colin, soit plus de 2 000 bêtes à livrer chaque année : "C’est trois fois le volume que nous faisions au sein de Cloé".

Le directeur exécutif de Carrefour en France, Alexandre de Palmas (à droite) est venu en personne signer le nouvel engagement avec l’union de coopératives Cloé, présidée par Bruno Colin — Photo : Jean-François Michel

Répondre aux attentes du consommateur avec Prim’Herbe

En plus de la viande de qualité Label Rouge, les équipes de Carrefour ont lancé une filière, appelée Prim’Herbe, imaginée pour mettre sur le marché une viande tendre, en pièce plus petite. "C’est une viande simple sur lequel nous apportons au consommateur une garantie de qualité, de tendreté à des prix accessibles", souligne Patrice Richard, responsable des achats et approvisionnements pour Carrefour France. Le cahier des charges est très précis : les animaux doivent avoir mangé au moins 35 % d’herbe produite sur l’exploitation, leur ration ne doit pas contenir d’OGM ou d’huile de palme et les traitements antibiotiques sont interdits. Abattus entre 14 et 18 mois, contre un âge moyen de 30 à 36 mois pour la filière traditionnelle, les animaux sont pesés avec soin pour au final, un poids de carcasse compris entre 300 et 350 kilos.

Une "équation économique" compliquée

"Nous sommes montés jusqu’à 60, voire 80 bêtes par semaine sur la filière Prim’Herbe", rappelle Bruno Colin. Aujourd’hui, les engagements signés avec Carrefour concernent 25 bêtes par semaine, avec la possibilité de doubler ses livraisons : "L’objectif serait de doubler, de revenir à ce que nous avons su faire lors de la période post-Covid", fixe Bruno Colin, sans ignorer les difficultés de la filière. "Dans un monde parfait, nous pourrions répondre immédiatement aux besoins, mais nous sommes pris dans une équation économique compliquée", rappelle Julien Tisserand, le responsable du pôle élevage pour le groupe CAL. Parmi les termes de l’équation, figure notamment la "décheptellisation" : "Nous avons perdu un million de vaches en France en dix ans", rappelle Bruno Colin. Moins de vaches, donc moins de veaux et moins de bêtes à engraisser pour produire de la viande : la spirale est enclenchée, plutôt favorable aux prix, mais pas à la pérennité de la filière.

Jusqu’à 90 % de viande locale dans les rayons de Carrefour

Propriétaire de 60 magasins Cora depuis juillet 2024, enseigne très bien implanté dans l’Est de la France, le groupe Carrefour est aussi venu pour rassurer les équipes de Cloé : "Nous réaffirmons notre volonté de poursuivre les engagements locaux que Cora avait pu prendre et développer au cours des années", insiste Alexandre De Palmas, en rappelant que dans les magasins de l’Est de la France, 90 % de la viande vendue est locale. "Nous sommes sur un niveau de consommation locale qui est maximum", se félicite le dirigeant.

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