Et de quatre ! Le groupe lorrain Inherent vient de boucler sa quatrième croissance externe depuis le début de l’année 2025, en reprenant 100 % du capital de Systonic. PME d’une trentaine de salariés basée à Pessac, en Gironde, Systonic opère dans l’hébergement de données, pour un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros sur le dernier exercice. Pour Inherent, qui va terminer l’exercice en cours sur un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros avec 1 300 salariés, cette opération permet de renforcer son ancrage territorial dans le Sud-Ouest et de mettre la main sur un nouveau datacenter, portant à 16 le nombre total de centre de données exploités par l’opérateur cloud et télécoms installé à Maxéville, à proximité de Nancy.
Les "ressources financières" pour réaliser les ambitions
Le président de Systonic, Damien Delavie, ne quitte pas ses équipes et devient directeur "cloud et infrastructure" d’Adista, la filiale d’Inherent opérant dans l’hébergement de données qui pèse 70 % de l’activité totale du groupe. "Rejoindre Inherent nous apporte les ressources financières et humaines nécessaires pour accélérer la réalisation de nos ambitions et développer notre segment de marché", estime le dirigeant.
Vers les 500 millions d’euros de chiffre d’affaires
L’appétit du groupe Inherent semble insatiable. Soutenu depuis 2021 par le fonds Keensight Capital, le groupe lorrain ne fait pas mystère de son ambition visant à atteindre les 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, dès l’exercice 2026 ou, au plus tard, en 2027. Sur l’exercice 2025, en plus de Systonic, Inherent aura donc pris le contrôle de Devensys, société de 70 salariés basée à Montpellier et opérant dans la cybersécurité, puis de Conexio Telecom, toujours en Occitanie et Everlink, un opérateur télécom B2B en Île-de-France.
Dix rachats en deux ans
En reculant un peu dans le temps, la liste s’allonge encore. Depuis 2023, Inherent a ainsi repris un total de dix entreprises, parmi lesquelles Upper-Link, Connect Services et Prodware. "Nous recevons beaucoup de dossiers, confirme Pierre-Jean Beylier. Certains axes de croissance nous intéressent tout particulièrement, d’autres dossiers se présentent comme des opportunités, notamment géographiques."
Pour le président d’Inherent, l’objectif des 500 millions d’euros de chiffre d’affaires sera atteint à moitié grâce à de la croissance organique, "quand l’autre moitié sera apportée par de la croissance externe".
La France avant de viser l’Europe
Revendiquant une place de premier opérateur alternatif derrière les gros du marché des télécoms pour les professionnels que sont Orange et SFR Business, Inherent veut continuer à jouer la carte de la proximité. "Par rapport aux gros opérateurs télécoms, nous connaissons une croissance intéressante et notre position devient idéale pour construire un vrai leadership sur le marché des PME et des ETI dans toute la France", estime Pierre-Jean Beylier.
Opérant dans un secteur en croissance, le dirigeant veut concentrer les efforts de son groupe sur le marché français pendant "les trois prochaines années". Avant de se projeter vers l’Europe dans les 5 à 7 ans à venir : "Dans cet horizon de temps, oui, l’ambition est de créer un acteur de dimension européenne", dévoile le président d’Inherent.