La saison estivale démarre en retrait pour les professionnels du tourisme d’Occitanie. En juillet 2026, 41 % d’entre eux se déclarent satisfaits de la fréquentation, contre 50 % un an auparavant. Entre chaleur exceptionnelle, incendies et contraintes de pouvoir d’achat, les hébergeurs et restaurateurs font face à une activité moins soutenue, malgré une meilleure résistance des destinations de montagne.
Seuls 41 % des professionnels satisfaits de la fréquentation
Selon la note de conjoncture publiée le 7 août 2026 par l’agence AD’OCC et les acteurs touristiques régionaux, à partir notamment d’une enquête portant sur 2 861 répondants dont 58 % d’hébergeurs, 41 % des professionnels du tourisme d’Occitanie jugent satisfaisante leur activité de juillet. Ce taux recule de neuf points sur un an. Les écarts sont toutefois importants selon les métiers : les gîtes et locations affichent 53 % de professionnels satisfaits, contre 40 % dans l’hôtellerie, 39 % pour le tourisme sportif et de loisirs, 38 % dans les campings, 33 % pour le tourisme culturel et seulement 32 % dans la restauration. La montagne résiste davantage : 54 % des professionnels qui y exercent considèrent leur fréquentation comme supérieure ou équivalente à juillet 2025. À l’inverse, 63 % des répondants du littoral et des espaces urbains estiment leur fréquentation inférieure à celle de l’année précédente.
Canicule et incendies perturbent les comportements touristiques
Les conditions climatiques ont constitué l’un des principaux freins à l’activité. Du 4 au 19 juillet, la France a traversé une vague de chaleur de seize jours et la température moyenne nationale a atteint 24,9 °C, faisant de juillet 2026 le mois le plus chaud enregistré en France depuis 1900. L’Occitanie a été particulièrement exposée, avec 41,2 °C relevés à Narbonne et 40,8 °C à Montpellier. Ces températures ont limité les déplacements et les activités de plein air et favorisé des décisions de réservation plus tardives. Les incendies ont renforcé cette situation. Dans les Pyrénées-Orientales, le feu de Trévillach a parcouru environ 4 900 hectares. À Canet-en-Roussillon, plusieurs campings ont été touchés, avec près de 281 bungalows détruits et environ 1 700 vacanciers évacués. Les professionnels interrogés font également état d’annulations liées à la médiatisation des feux et à la perception de la destination.
Les nuitées et les locations de courte durée reculent
Les premières données disponibles confirment une fréquentation moins dynamique qu’en juillet 2025. Tous modes d’hébergement et toutes clientèles confondus, les quatre semaines observées affichent des variations comprises entre -3 % et -6 % sur un an. La baisse proviendrait principalement de la clientèle française, alors que la fréquentation étrangère resterait globalement stable. Les habitants d’Occitanie demeurent le premier bassin de clientèle et représentent plus d’un cinquième des nuitées françaises. Parmi les marchés étrangers, la clientèle allemande progresse tandis que les clientèles néerlandaise et britannique diminuent. Les locations de courte durée sont davantage affectées : les nuits réservées en juillet sur les plateformes reculent de 8 % par rapport à 2025. Le retrait atteint 15 % dans la métropole de Montpellier et 10 % dans celle de Toulouse, contre seulement 2 % dans les Pyrénées. Ces données restent toutefois provisoires et doivent faire l’objet d’une nouvelle analyse à l’automne.
Les réservations de dernière minute entretiennent les attentes pour août
Après ce début d’été en retrait, les professionnels abordent août avec des perspectives mesurées : 47 % jugent leur niveau de réservation encourageant pour le mois, contre 35 % pour septembre. Sur le littoral, les réservations de dernière minute ont permis d’améliorer l’occupation des premières semaines de juillet. Pour août, le taux d’occupation prévisionnel des hébergements marchands des stations littorales atteint encore 75,7 %, mais reste inférieur de 3,6 points à celui observé un an auparavant. La situation est plus dégradée du côté des locations proposées sur les plateformes : au 5 août, les nuits déjà réservées pour août accusaient un retard de 13 % sur un an, et l’ensemble des univers de destination était orienté à la baisse. Le cœur de la saison apparaît ainsi dépendant de la capacité des professionnels à capter les réservations tardives, dans un contexte où météo, budget des ménages et perception des destinations influencent davantage les décisions de séjour.