Promouvoir "le réflexe PME" et permettre à ces dernières d’être enfin entendues. C’est l’ambition portée par Gaëtan de Sainte Marie, candidat à la présidence de la CPME nationale. L'entrepreneur francilien Amir Reza-Tofighi (PDG de Vitalliance) et le marseillais Alain Gargani (dirigeant d'Atout Organisation Science) briguent aussi la succession de François Asselin. Les 112 unions territoriales et les 122 fédérations composant la CPME départageront les trois candidats lors d'un vote ce 21 janvier.
Gaëtan de Sainte Marie a consigné ses ambitions au sein de près de 40 propositions regroupées en trois catégories : "travail et compétitivité de nos entreprises, rôle social et sociétal de nos PME, et fonctionnement de la CPME".
"Nous sommes la charpente de l’économie française"
"On a toujours le sentiment en France que l’on est un pays de grandes entreprises mais la réalité c’est que 99 % de nos entreprises sont des PME. Nous sommes la charpente de l’économie française et nous portons en nous un certain nombre de solutions aux maux de notre pays", estime le candidat. Des solutions que Gaëtan de Sainte Marie a eu tout à loisir d’explorer dans son parcours entrepreneurial.
Patron d’une centrale d’achat fédérant 35 000 entreprises
Fondateur et président de la centrale d’achat Qantis (70 salariés, 7 M€ de CA), basée à Limonest, dans le Rhône, il a démarré son parcours dans le milieu de l’entreprise par un VIE (Volontariat International en Entreprise) en Australie pour le compte de l’ex-géant industriel français Pechiney.
"En 1999, après deux ans chez Pechiney, j’ai créé ma première entreprise à Sydney. C’était déjà une société de mutualisation de moyens entre PME. Mais cela n’a pas fonctionné. L’entreprise a disparu au bout d’un an. Nous sommes arrivés trop tôt", relate l’entrepreneur.
Qu’à cela ne tienne, Gaëtan de Sainte Marie rentre en France et crée dans la foulée Qantis. "Nous fédérons aujourd’hui 35 000 entreprises - TPE, PME, artisans et ETI - qui ont compris qu’en achetant à plusieurs, ils peuvent bénéficier des mêmes conditions qu’un grand groupe. Qantis, c’est aujourd’hui 200 fournisseurs référencés, 150 millions d’euros de volume d’affaires annuel et cela fait près de 25 ans que cela marche", se félicite le patron lyonnais de 49 ans.
Le collaboratif pour mantra
Vice-président de la CPME du Rhône, président de la commission numérique et membre du comité exécutif de la CPME nationale, l’ancien président du Centre des jeunes dirigeants de Lyon (2009-2011) est un farouche partisan des modèles collaboratifs.
Dans son livre "Ensemble on va plus loin", sorti en 2016, Gaëtan de Sainte Marie démontre "comment le collaboratif, la capacité à créer des alliances, faire des groupements d’entreprise est une source de performances pour les entreprises". Une conviction que le chef d’entreprise nourrit au quotidien. "Le collaboratif c’est ma marque de fabrique depuis toujours. C’est mon mantra et c’est là-dessus que j’ai fondé mon entreprise", explique-t-il.
Depuis 10 ans, le dirigeant a vu "de plus en plus de PME se regrouper pour acheter ensemble mais aussi pour vendre et recruter". "Ces modèles collaboratifs sont performants si on applique la bonne méthode et c’est cette méthode collaborative que je veux apporter à la CPME nationale", explique le candidat. Et d’ajouter : "Si on arrive à s’organiser et travailler efficacement alors les 245 000 adhérents de la CPME pourront représenter une force collective bien plus importante qu’aujourd’hui".
"Faire de la CPME un syndicat patronal de propositions"
Faut-il voir dans cette phase un tacle dissimulé à l’encontre de l’actuel président ? "François Asselin et l’équipe en place depuis 10 ans ont fait un excellent travail. Ils ont développé la CPME et fait en sorte qu’elle soit reconnue", répond le candidat à la présidence de l’organisation patronale.
"Mon ambition, c’est de me reposer sur ce qui a été fait pour aller un cran plus loin et faire en sorte que la CPME devienne un syndicat patronal de propositions. Il faut que l’on soit en capacité de proposer en anticipant sur un certain nombre de sujets".
Proposer à toutes les CPME locales et fédérations des travaux collaboratifs
Pour y parvenir, il faut selon lui proposer "à toutes les CPME départementales et régionales, à toutes les fédérations nationales membres de la CPME de participer à des travaux collaboratifs pour, à la fois créer des propositions et permettre à l’ensemble des acteurs de se sentir légitimes pour aller porter ses propositions auprès des élus locaux". "Et si on parle à 245 000 voix, on nous entendra mieux que si on parle à une seule", argumente Gaëtan de Sainte Marie.
Fédérer les autres syndicats patronaux… et de salariés
Fédérateur en interne, le candidat lyonnais souhaite aussi l’être en externe avec "les autres syndicats patronaux mais aussi de salariés". "Nos entreprises souffrent. C’est le moment de faire ensemble", estime-t-il.
Et si, contrairement à ses concurrents dans la course à la présidence de la CPME nationale, il n’affiche pas ses soutiens, c’est avant tout dans un souci de fédérer. "J’ai beaucoup de soutiens mais je ne les affiche pas sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas un gage de pouvoir facilement se regrouper ensuite. Je préfère éviter les tiraillements et souhaite avant tout que notre réseau soit le plus homogène possible", argumente Gaëtan de Sainte Marie. Un nouveau tacle, à peine dissimulé, à ces concurrents.