Symbiose s’est implanté il y a quelques mois dans les Alpes-Maritimes. Qu’est-ce que ce réseau d’entreprises ?
Ce réseau réunit des entreprises de tous secteurs et de toutes tailles, qui sont engagées ou qui souhaitent s’engager dans une démarche RSE. Les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance, NDLR) sont de plus en plus pris en compte par les donneurs d’ordres. Les entreprises sont de plus en plus challengées sur des appels d’offres, par des investisseurs, sur des besoins de financement, de recherche d’investissement…
Symbiose n’est donc pas un réseau business, le but n’est vraiment pas d’échanger des cartes de visite. C’est un réseau dédié RSE, basé sur l’intelligence collective, avec l’objectif de faire progresser tous les membres en matière de RSE et de développement durable. Le collectif est vraiment au cœur du concept.
Concrètement, que faites-vous ?
On se retrouve lors de réunions, d’événements réguliers comme des afterworks ou des petits déjeuners, pour partager des bonnes pratiques, des retours d’expérience, des témoignages sur tout le spectre de la RSE, donc sur l’ensemble des thématiques environnementales, sociales, sociétales, avec un sujet précis à chaque fois. Cela génère des livrables, des outils à mettre en application dans sa structure. On crée aussi des clubs métiers où l’on se retrouve entre pairs, pas du même secteur mais du même métier : club dirigeant, club référent RSE, club DAF, club RH…
On vient à la fois inspirer sur les sujets que l’on maîtrise et s’inspirer d’autres, pour monter en compétence, progresser, sachant qu’aucune entreprise, aucune organisation n’est parfaite sur tous les sujets RSE. C’est ce partage, cette réciprocité qui sont importants.
Vous proposez aussi des formations ?
Nous proposons des parcours de formation collectifs pour approfondir les différents sujets, aussi bien sur la stratégie climat, la biodiversité, l’économie circulaire, l’environnemental qui est très large, que sur les volets social et sociétal : diversité, inclusion, bien-être des salariés, entreprise à mission, ancrage territorial… Nous proposons également des formations sur mesure, certifiées Qualiopi, en fonction des besoins et problématiques remontées par les adhérents.
Comment est né Symbiose ?
Le réseau vient de s’implanter dans les Alpes-Maritimes mais il existe depuis plusieurs années en Auvergne-Rhône-Alpes. Symbiose, qui s’appelait alors Mix-R, a en effet été créé à Lyon en 2018 par des grandes entreprises déjà engagées en matière de RSE, qui voulaient accélérer sur ces enjeux : le groupe Seb, la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes, Terideal et Oraveo. Chacune a mis un peu son réseau sur la table et tout a vite grandi. Aujourd’hui, il y a 80 entreprises adhérentes dans le Rhône, de la TPE aux grands groupes comme Sanofi ou les Laboratoires Boiron, et aux collectivités comme la Métropole de Lyon. En 2023, les fondateurs ont souhaité passer le relais à une gouvernance plus flexible, plus agile. Qantis, groupement d’achat lyonnais présidé par Gaëtan de Sainte-Marie, adhérent historique, a alors racheté Symbiose.
Comment Symbiose a-t-il essaimé dans les Alpes-Maritimes, seule antenne en dehors du Rhône ?
Fin 2023, tous les partenaires historiques de Symbiose ont été conviés afin de leur présenter ce rachat. Et le concept. Qantis compte 35 000 adhérents parmi lesquels Opteam, groupement d’achat basé à Sophia Antipolis. Ses dirigeants, Emmanuel Milano et Jérôme Jakob, ont été bluffés par le concept, par cette intelligence collective. Ils se sont dit qu’on n’était vraiment pas en avance ici sur ces sujets et qu’il y avait vraiment intérêt à l’implanter dans les Alpes-Maritimes. Car il y a une vraie demande, il faut accélérer, il y a un potentiel.
Est-ce difficile d’embarquer les entreprises azuréennes sur ces enjeux de RSE ?
Avant de lancer Symbiose Alpes-Maritimes, je suis allé présenter le concept à des entreprises locales, PME et grands noms implantés localement, et en septembre 2024, on avait déjà 6 à 7 entreprises prêtes à adhérer dont la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, Vinci Facilities, le laboratoire NHCo. Fort de ce premier noyau, on s’est lancé en décembre 2024 en construisant le contrat de partenariat avec Lyon. On va bientôt atteindre la quinzaine d’entreprises adhérentes : Mutuelles du Soleil, Gieps, Bioman Cleaner, Luxéol… nous ont rejoints. Nous sommes aussi en discussion avec Koné, Harmonie Mutuelle, le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur, Horus Pharma... Ça avance bien. L’objectif sur cette première année est d’atteindre une trentaine d’adhérents.