Assurances-vie et contrats de capitalisation: craintes réelles sur les rendements
Considérés jusqu'à maintenant comme le nirvana de la capitalisation sans risque, les produits d'assurance-vie et d'épargne-retraite garantis en fonds euros ont offert en 2011 des performances maussades de l'ordre de 3% globalement - avec une inflation à 2,5%. Et les prévisions ne sont guère optimistes pour 2012, au point que les distributeurs eux-mêmes s'interrogent sur l'avenir de ces produits (lire par ailleurs). «La crainte sur le rendement des fonds en euros est réelle», observe Frédéric Chazal, responsable du master Ingénierie Patrimoniale à l'IUP de Caen. Il note de gros écarts entre les compagnies «en fonction de leur exposition aux dettes souveraines dégradées, comme la Grèce, le Portugal, l'Italie, l'Espagne mais aussi la France.» Et de s'interroger sur la «pertinence de garder ces fonds.» Ne serait-il pas finalement moins risqué de se porter sur des titres, ou en tout cas de revoir ses positions en privilégiant par exemple les fonds en unités de compte? La réflexion peut être similaire pour les contrats de capitalisation, qui ne sont que des copier-coller de l'assurance-vie sauf en cas de décès où ils entrent dans l'actif successoral.
Épargne salariale: aussi intéressante pour l'entreprise
Véritables outils de management social, les plans d'épargne salariale constituent de solides atouts pour muscler une retraite, y compris celle du chef d'entreprise ou du professionnel libéral dès lors qu'il compte au minimum un salarié. Le Plan d'Épargne Entreprise (PEE ou PEI pour les petites structures) peut être alimenté par la participation, l'intéressement ainsi que par des versements volontaires des salariés. Ces sommes peuvent être complétées par un abondement de l'entreprise, qui ne doit ni dépasser 300% du versement du salarié, ni 8% du plafond annuel de la sécurité sociale par an et par collaborateur. (2.910 € en 2012) Cet abondement peut être modulé dans le temps et notamment en fonction de la situation économique de l'entreprise. Intérêt pour l'entreprise: si l'abondement est soumis à la CSG-CRDS, il est déductible de l'assiette retenue pour le calcul de l'impôt sur les bénéfices, de l'impôt sur les revenus pour les sociétés de personnes, ou du BNC pour les professions libérales et exonéré des différentes taxes assises sur les salaires et de cotisations sociales. Au terme d'une période de cinq ans, ou lorsque le salarié fait valoir l'un des nombreux cas de retrait anticipé, les plus-values réalisées sont exonérées d'impôt et assujetties aux prélèvements sociaux.
Le PERCO nécessite un accord collectif
Le Plan d'épargne pour la retraite collectif (PERCO) ou PERCOI (inter-entreprise pour les petites structures) doit faire l'objet d'un accord collectif. Les possibilités de sortie avant le départ en retraite sont plus réduites que dans le cas du PEE. Accessible aux chefs d'entreprise comptant au plus 100 salariés ainsi qu'à leur conjoint collaborateur ou associé, les sommes versées volontairement par les adhérents qui peuvent y affecter tout ou partie de la participation peuvent être abondées dans la limite de 16% du plafond annuel de la sécurité sociale. Au total ce sont donc 11.640 € qui peuvent être ainsi défiscalisés pour le chef d'entreprise et ses salariés...
Dans un contexte de perspectives macroéconomiques incertaines et de menaces récurrentes sur le système français de retraite par répartition, chefs d'entreprise et professions libérales ont sérieusement intérêt à revoir leurs allocations d'actifs.