France
Retraites : "Il n’y aura pas d’accord s’il y a une hausse des cotisations patronales", prévient la CPME
France # Social

Retraites : "Il n’y aura pas d’accord s’il y a une hausse des cotisations patronales", prévient la CPME

Alors que François Bayrou a invité les partenaires sociaux à discuter de la question des retraites, le patronat fixe sa ligne rouge : pas question d’augmenter les cotisations patronales, indique Eric Chevée, vice-président de la CPME.

Eric Chevée, vice-président de la CPME en charge des affaires sociales, prévient : Il n’y aura pas d’accord sur les retraites s’il y a une hausse des cotisations patronales — Photo : DR

"Les chances de succès sont à peu près équivalentes à celles de gagner au Loto". Allant participer aux concertations sur la réforme des retraites pour le compte de la CPME, Eric Chevée n’est pourtant pas défaitiste. "Le dialogue social est plutôt puissant dès lors qu’on est mis en responsabilité", assure le vice-président du syndicat patronal, en charge des affaires sociales.

Ces dernières années, des accords nationaux interprofessionnels ont ainsi été signés sur des sujets majeurs : le télétravail (2020), le partage de la valeur (2023) ou encore l’emploi des seniors (2024). "Depuis 2019, j’ai signé 16 ou 17 accords avec les partenaires sociaux. Il n’y en a que deux que la CPME n’a pas signés", positive-t-il. Mais sur le dossier explosif des retraites, le chef d’entreprise s’attend à des négociations compliquées.

Le bon choix de François Bayrou

Malgré tout, Eric Chevée estime que le choix de François Bayrou de confier les discussions sur les retraites aux partenaires sociaux est "une bonne chose". "Nous ne pouvons pas rester dans une situation de blocage, préjudiciable pour les entreprises. Nous sommes prêts à faire notre part", assure-t-il.

La ligne rouge du patronat : la hausse des cotisations

Le Premier ministre a demandé aux partenaires sociaux de discuter "sans tabou" de la question des retraites, à condition de ne pas dégrader les finances publiques. Si un accord est trouvé entre les organisations patronales et les syndicats de salariés, il sera présenté au Parlement, a fixé le Premier ministre. Sinon, la réforme actuelle sera appliquée.

Au niveau du patronat, on se dit ouvert aux discussions. Il y aura pourtant une limite à ne pas franchir : "Il n’y aura pas d’accord s’il y a une hausse des cotisations patronales. C’est la ligne rouge patronale, la seule pour la CPME. Les entreprises sont à préserver, c’est un enjeu de compétitivité", affirme Eric Chevée.

Usure professionnelle, égalité et emploi des seniors

Par rapport à la réforme d’Élisabeth Borne, il y a pourtant des pistes d’amélioration à explorer, observe Eric Chevée. Le représentant patronal estime que les questions de l’usure professionnelle, de l’égalité entre les hommes et les femmes et de l’emploi des seniors peuvent être approfondies. "Le seul moyen de préserver notre modèle social et de le financer, c’est d’augmenter notre taux d’activité et la compétitivité", indique-t-il. Sur le plan du taux d’activité, il y a des marges de progression, notamment au niveau de l’emploi des seniors : si la participation des seniors au marché du travail croît, seule une personne sur deux est en emploi à 61 ans, rapporte l’Insee.

La relance du CDI senior

Pour améliorer l’employabilité des seniors, la CPME compte remettre à la discussion son projet de "CDI senior". L’embauche d’un salarié de plus de 60 ans se traduirait, pour l’entreprise, par une baisse de ses exonérations et, pour le salarié, par une garantie d’un maintien de son salaire, qui pourrait en partie être pris en charge par l’assurance chômage.

Une question de justice pour les jeunes générations

Dans un pays qui compte 42 régimes de retraite, les débats seront évidemment techniques et complexes. Outre la compétitivité des entreprises, Eric Chevée assure qu’il sera guidé par la notion de justice. "On ne peut pas demander aux jeunes générations de financer les personnes qui vont partir à la retraite à 62 ans avec 70 % de leur salaire net alors que les jeunes générations partiront à la retraite à 67 ans avec 40 % de leur salaire. Il va falloir que les syndicats commencent à défendre les travailleurs ! Ils ne défendent que les retraités !" Les prochains mois promettent de nouveau d’être animés.

France # Social # Syndicats patronaux