Un mandat — "éprouvant" — et puis s’en va : après trois ans d’exercice, Pierre Ippolito a officiellement cédé le fauteuil de président de l’UPE06 à Franck Cannata ce 1er juillet.
Mandat unique
Cela avait été parmi ses premiers chantiers : modifier les statuts de l’UPE 06. Dès son élection en 2022, Pierre Ippolito a voulu une "gouvernance forte", en réaffirmant "l’apolitisme" du syndicat patronal : "Notre parti est celui de l’entreprise, a-t-il rappelé. Nous ne pouvons donc plus siéger dans notre conseil d’administration si nous sommes élus dans des communes par exemple de plus de 5 000 habitants. C’est statutaire". Il avait souhaité également imposer un mandat unique, "pour que la lumière puisse changer de président de façon plus régulière".
Continuer à "rêver en grand"
Au soir des Entreprenariales, au moment de passer le témoin à Franck Cannata devant plus d’un millier de personnes, le président du groupe Ippolito a ainsi dressé son bilan dans les grandes lignes : création du fonds Boost pour aider les entreprises à faire de la croissance externe, mise en place d’assistantes sociales pour les TPE et PME ainsi que de comités d’entreprise pour celles qui n’en avaient pas, la création du club ETIncelles pour les ETI locales, du Club Défense, du réseau Femmes de l’UPE06… et un engagement toujours renouvelé pour le territoire. "L’aménagement pour le territoire était un sujet critique pour nous, explique-t-il. Nous avons deux problématiques majeures : la mobilité sur Sophia Antipolis et la mobilité sur Monaco. Nous avons milité pour un métro entre Nice et Monaco. Je sais que Franck (Cannata, NDLR) continuera à le faire parce qu’on partage cette idéologie, cette ambition, ce rêve."
Fustigeant l’ego, "l’ennemi de l’intérêt général" Pierre Ippolito a ainsi appelé à "continuer tous ensemble à rêver grand", avec courage. "Le monde économique est parfois lâche pour défendre ses intérêts personnels, c’est une réalité, a-t-il lancé au public d’entrepreneurs présents. Je vous demande solennellement d’être courageux dans votre quotidien comme vous l’êtes avec vos collaborateurs, de vous engager, de prendre des risques comme vous le faites tous les jours."
IA et climat
Avec Franck Cannata, le changement se veut dans la continuité. Le dirigeant du groupe de transport et logistique Transcan partage les convictions de son prédécesseur qu’il connaît bien. Notamment en matière d’aménagement du territoire, de mobilité et de logement, ou de lutte contre la hausse de la fiscalité et contre " l’excès de bureaucratie insoutenable qui altère la productivité de nos entreprises". Ou encore de RTE, responsabilité territoriale des entreprises.
Le nouveau patron des patrons azuréens a assuré chacun de sa volonté de mener chaque projet en " coconstruction", sa "méthode" habituelle " qu’il compte appliquer pour des sujets comme l’IA, "la troisième révolution industrielle dont les entreprises doivent s’emparer", ou l’environnement. "Raréfaction des ressources naturelles et changement climatique nous préoccupent tous, a-t-il assuré. Je compte faire de la transition écologique territoriale un sujet majeur de ma mandature, qu’il s’agisse de la préservation de la ressource en eau, de la maîtrise du coût de l’énergie ou de la gestion des déchets d’activité économiques en travaillant à des solutions concrètes pour nos entreprises."