Près de 600 salariés, 3 millions de boîtes de maïs produites chaque jour, 300 producteurs et 6 500 hectares de plantations : entre mi-juillet et fin octobre, à Labatut dans les Landes, la machine Géant Vert tourne à plein régime pour récolter son maïs doux et produire les 350 millions de boîtes qui inonderont le marché anglais, scandinave et français le reste de l’année.
28% de croissance en deux ans
Ce site de production du maïs installé sur un terrain de 215 000 m² appartient à la Seretram, codétenue depuis 1977 par le géant du maïs américain coté en Bourse General Mills (20 Md$ de CA en 2023), détenteur de 59 % des parts, et le béarnais Euralis (1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023) pour les 41 % restants.
Depuis deux ans, Seretram affiche 28% de croissance, son chiffre d'affaires étant passé de 70 millions d'euros en 2021 à 90 millions en 2023.
L'usine, seule conserverie de la marque Géant Vert en Europe, emploie un effectif permanent de 175 personnes, renforcés par près de 400 salariés saisonniers entre juillet et octobre, période de récolte du maïs doux.
Leader européen du maïs doux, Géant Vert exporte 80 % de sa production vers l’Europe avec pour premier client - et de loin - le marché anglais (45,8% de l'activité). En Angleterre, on "consomme du maïs tout au long de l’année quand le marché est plus saisonnier en France (7,5%)", explique Antoine Bille, directeur général de la Seretram.
Des satellites analysent les champs de maïs
Dès 2020, la société a lancé une expérimentation en collaboration avec Euralis, afin de contrôler l’irrigation sur les parcelles de ses producteurs, toutes situées dans un périmètre de 200 kilomètres maximum autour de l’usine de Labatut. Aujourd’hui déployé sur 1 100 hectares (sur les plus de 6 500 hectares qui sont consacrés à alimenter l’usine landaise), ce système de pilotage intégré de l’irrigation doit permettre de "produire plus avec moins d’eau", explique Thierry Cauhapé, responsable des productions spécialisées chez Euralis.
L’étude agronomique des sols est désormais doublée d’images satellitaires pour analyser en temps réel les besoins en eau des plantes, à différents stades de la pousse. "Ce que l’agriculteur faisait à l’œil et à l’expérience est désormais complété par des observations en temps réel, sur les parcelles, parce que les cultures ne se développent pas toujours comme le veut la théorie", résume Thierry Cauhapé.
Moins d'eau, plus de rendement
Ce travail d’accompagnement des producteurs sur les prochaines saisons doit permettre d’améliorer le ratio rendement/irrigation. Les dirigeants de la Seretram et d’Euralis se gardent toutefois bien de donner des projections. "On est au début de l’exercice et on sait qu’il n’y aura pas des économies d’eau tous les ans, en fonction de la plante et de la pluviométrie", nuance Antoine Bille.
La Seretram envoie par ailleurs ses déchets, les "co-produits" du maïs récolté, au méthaniseur BioBéarn du Bassin de Lacq qui en tire du "digestat", engrais pour les cultures. À partir de la saison prochaine, elle prévoit de fournir en digestat une centaine de ses producteurs, soit une économie de "2 100 tonnes d’engrais", avance Antoine Bille.