La pomme de terre française est une "pépite du territoire", tient à rappeler Sabine Vajou, dirigeante et fondatrice de la société Culture Pom, basée à Saint-Flavy dans l’Aube. Pesant un total de 52 millions d’euros de chiffre d’affaires et employant 80 salariés, la PME commercialise 120 000 tonnes de pomme de terre par an, dont 60 % à l’export, dans 25 pays européens. "Tous les acheteurs européens viennent chercher en France une pomme de terre d’excellence, avec toutes ses certifications", précise Sabine Vajou, qui assure aussi les mandats de coprésidente de la commission export au Centre national interprofessionnel de la pomme de terre et d’administratrice dans l’interprofession de négoce Fédépom.
Se développer dans "beaucoup de villes espagnoles"
La dirigeante de Culture Pom revient tout juste d’Espagne avec de bonnes nouvelles. Dans son premier à l’export, Sabine Vajou a participé au salon Fruit Attraction à Madrid : "Nous avons signé le premier contrat de commercialisation pour notre marque premium Championne", détaille Sabine Vajou, qui tient cependant à rester discrète sur le nom du client, mais pas sur les ambitions : "L’objectif, c’est de nous développer dans beaucoup de villes espagnoles et dans d’autres pays, en y implantant notre marque", précise la dirigeante.
Des producteurs mobilisés pour faire de la qualité
Car avant le volume et le chiffre d’affaires, Sabine Vajou cherche à capitaliser sur l’envie des Européens de manger des pommes de terre françaises de qualité. Pour transformer l’envie en stratégie, Culture Pom a adhéré à la démarche Demain la Terre et a obtenu pas moins de neuf labels, dont RSE PME +. "Demain la Terre, c’est 25 entreprises", rappelle Sabine Vajou. "Nous sommes tous des producteurs de fruits et de légumes et nous travaillons sur la chaîne de valeur. Concrètement, c’est 71 points de contrôle, qui vont de la gouvernance de l’entreprise jusqu’aux produits dans les champs, en passant par la gestion en interne des RH ou le côté environnemental. Le cahier des charges est reconnu par toute la grande distribution et peut même se confondre avec les audits de certaines chaînes."
Face à la surproduction mondiale
Culture Pom traite et conditionne ses pommes de terre depuis trois sites : Corroy, dans la Marne, qui met sur le marché des pommes de terre brossées pour la grande distribution et les grossistes, Saint-Flavy dans l’Aube pour les pommes de terre lavées et la Motte-Tilly, aussi dans l’Aube, qui peut stocker 12 000 tonnes pour l’export. "Est-ce que vous vendez une pomme de terre de premier prix ou est-ce que vous vendez une pomme de terre premium à un autre prix ?", résume Sabine Vajou en refusant la comparaison avec les tubercules venus de Chine ou d’Inde et qui inondent le marché mondial depuis quelques années pour faire des frites. "Sur certains marchés, nous parlons de processus industriel et donc de charges. La pomme de terre vendue au rayon frais comme la Championne, il s’agit d’un produit d’exception", insiste la dirigeante. Pour accompagner le développement de l’activité, Sabine Vajou a embauché 40 personnes en 18 mois.
Des cours qui s’effondrent
Désormais confrontée à la surproduction du marché mondial de la pomme de terre et à l’effondrement des prix qui en a découlé, Sabine Vajou anticipe un tassement de la croissance du chiffre d’affaires de Culture Pom : "Ce qui valait par exemple 400 euros la tonne à la même époque l’an dernier, vaut 150 euros aujourd’hui", souligne la dirigeante, en concédant qu’il devient nécessaire de mieux "valoriser" ses pommes de terre, qui proviennent à 65 % des campagnes champenoises.