Si le lifting de l’établissement périgourdin de Cofidur a un mérite, c’est celui d’être aisément visible une fois la porte franchie. L’industriel lavallois (500 salariés, 80 M€ de CA en 2024), qui fabrique des cartes et sous-ensembles électroniques que l’on retrouve dans les avions, les bornes de PMU ou la fusée Ariane 6, a inauguré mi-novembre une usine entièrement restructurée.
Gagner en productivité
Un investissement immobilier de 5 millions d’euros, dont 1,3 million d’euros d’argent public (Région, agglomération de Périgueux et État), a été nécessaire. Le principal chantier est une réorganisation : adieu le flux de production en carré séparé par un patio central. Cofidur en a cassé les murs et rajouté 1 000 m2 pour créer une production en ligne droite, renforçant ainsi l’efficience opérationnelle des lieux.
De quoi doper la productivité de plus d’un quart et rendre le site attractif pour les clients comme les futures recrues. L’entreprise souhaite d’ailleurs en recruter une trentaine d’ici à cinq ans, qui s’ajouteront aux 150 salariés actuels.
Cinq millions d’euros à venir
L’usine n’était plus toute jeune. "Elle a été construite à la fin des années 60, à une période où la consommation énergétique n’était pas un problème. On avait des murs en papier à cigarette", confie Laurent Dupoiron, président directeur général de Cofidur et l’un des sept cadres salariés à avoir repris l’entreprise en 2021.
Isolation thermique, achat d’une pompe à chaleur, installation de 4 000 m2 de panneaux photovoltaïque sur le parking… L’usine de Boulazac n’a pas lésiné sur les moyens pour réduire sa facture énergétique et continue d’investir, à hauteur d’environ 1 million d’euros par an, pour rester compétitif dans une filière électronique à marge réduite et très majoritairement dominée par l’Asie.
Maintenir le savoir-faire
L’usine, qui fabrique essentiellement pour des industriels, souhaitait maintenir son empreinte locale. "Déplacer un site industriel, c’est facile. Les compétences pour faire tourner les machines, en revanche, ça ne se déplace pas. Depuis 35 ans, les salariés de Boulazac ont acquis des compétences spécifiques", rappelle Laurent Dupoiron. Son positionnement géographique, en Nouvelle-Aquitaine et proche de l’Occitanie, est aussi un atout pour adresser un secteur aéronautique fortement implanté dans ces deux régions et qui reste la part la plus importante de son activité.
"Déplacer un site industriel, c’est facile. Les compétences pour faire tourner les machines, en revanche, ça ne se déplace pas."
Focus ferroviaire
Mais la donne est en train de changer, tant le sous-traitant semble accélérer dans le ferroviaire. "Après le Covid, l’activité aéronautique a été touchée, on a dû rebondir. On a donc passé une certification Iris (International Railway Industry Standard, NDLR) pour être plus présents dans le secteur. On a fait des investissements massifs, notamment un nouveau laboratoire de chimie", poursuit Nicolas Djerbi, directeur du site. Il évoque là le nouveau pôle "robustification", spécificité du site périgourdin, qui est en fait un atelier de chimie pour protéger les cartes électroniques des vibrations ou de l’humidité.
Le train est déjà en marche : "Nous sommes en train de prendre des parts de marché. Nous travaillons notamment pour des clients qui équipent des systèmes de ventilation dans les trains ou des systèmes de commandes numériques dans les métros. Nous sommes aussi positionnés sur la LGV qui se développe au Maroc", termine Nicolas Djerbi.