Le suisse Cicor reprend les activités du groupe électronique Eolane en Maine-et-Loire, Bretagne, Ardèche et dans l’Oise
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Le suisse Cicor reprend les activités du groupe électronique Eolane en Maine-et-Loire, Bretagne, Ardèche et dans l’Oise

Le groupe suisse Cicor a été retenu par le tribunal de commerce de Paris pour la reprise de 5 sites français d’Eolane, à Angers et Combrée (Maine-et-Loire), Saint-Agrève (Ardèche), Douarnenez (Finistère) et Neuilly-en-Thelle (Oise). Et pour l’acquisition des sites marocains du groupe électronique angevin. Cicor va conserver plus de 890 emplois (90 % des salariés concernés). Il compte investir 30 millions d’euros dans la reprise.

Le groupe suisse Cicor reprend 5 sites d’Eolane en France et les deux unités marocaines du groupe angevin — Photo : Groupe Eolane

Le concepteur et fabricant de cartes électroniques Eolane passe sous bannière helvétique. Le Tribunal de commerce de Paris a en effet donné son feu vert au projet de reprise du groupe suisse Cicor, leader européen des solutions électroniques intégrées (EMS). Celui-ci reprend 7 sites du groupe électronique angevin, à Angers et Combrée (Maine-et-Loire), Saint-Agrève (Ardèche), Douarnenez (Finistère) et Neuilly-en-Thelle (Oise), de même que les deux unités marocaines d’Eolane installées à Berrechid et Temara. "Dès le 22 avril, indique le groupe suisse, les sites repris d’Eolane exerceront leur activité sous la marque Cicor."

90 % des emplois conservés

Ce sont un peu plus de 1 000 collaborateurs, dont près de 800 en France, qui étaient concernés dans ce périmètre du groupe Eolane (2 400 salariés pour 326 M€ de CA 2023 dont 174 M€ en France), placé en redressement judiciaire en mars. 200 à Angers (65 pour la holding d’Eolane France et 130 pour l’unité de production), 257 à Combrée 152 à Saint-Agrève, 122 à Douarnenez et 60 à Neuilly-en-Thelle (Oise).

Les deux sites marocains de Berrechid et Temara emploient 220 collaborateurs. Cicor prévoit de reprendre 896 collaborateurs en production dans les différents sites et 26 au siège d'Eolane France à Angers, soit environ 90 % de l’effectif sur l’ensemble du périmètre. À Douarnenez, Saint-Agrève et Neuilly-en-Thelle, de même qu’au Maroc, ce sont 100 % des collaborateurs qui seront conservés. À Angers, Cicor prévoit de se séparer de 39 personnes qui étaient employées auparavant au siège d’Eolane France et de 23 personnes dans l’unité de production. À Combrée, l’effectif va être amputé de 27 collaborateurs.

30 millions d’euros d’investissement

Par ailleurs, Cicor, qui souhaite redynamiser et pérenniser les activités reprises dit prévoir "un plan d’intégration ambitieux pour garantir à ses clients une qualité de service de premier plan, des délais de livraison optimisés et une productivité renforcée." Ce plan passera par un investissement prévu de 30 millions d’euros, dont plus de 4 millions d’euros seront destinés à l’acquisition de nouveaux équipements, "pour relancer les activités et améliorer les capacités industrielles et les performances des sites repris", poursuit Cicor.

La reprise passera aussi par la transposition de son modèle : "Cicor privilégie un modèle d’organisation décentralisée, précise le groupe suisse, offrant aux entités locales une grande indépendance et autonomie sur leurs marchés respectifs, permettant une fine connaissance des enjeux de leurs clients et des réglementations locales."

515 millions d’euros de chiffre d’affaires

Pour le groupe Cicor, ce rapprochement avec Eolane "permet de créer de nombreuses synergies pour constituer un pôle d’excellence en Europe dans les domaines de la défense, l’aérospatial, l’industrie et la santé.". Leader en Suisse et au Royaume-Uni Cicor, pour qui l’acquisition d’Eolane marque l’arrivée sur le sol français, a enregistré un chiffre d’affaires de plus de 480 millions de francs suisses en 2024, soit environ 515 millions d’euros, en croissance de 23,3 %.

Fournisseur mondial de solutions électroniques complètes, de la recherche et développement à la fabrication et à la gestion de la chaîne d’approvisionnement, il œuvre dans les secteurs médical, industriel, aérospatial et de la défense, combinant des solutions de développement sur mesure, des composants de haute technologie et la fabrication d’appareils électroniques.

Cicor s’implante pour la première fois en France

Le groupe Cicor emploie 3 450 collaborateurs répartis sur 21 sites en Suisse, Allemagne, Roumanie, Suède, au Royaume-Uni, en Tunisie, Indonésie, à Singapour et au Vietnam. L’acquisition d’Eolane "renforce encore les capacités et l’outil industriel de Cicor en nous permettant de nous implanter en France pour apporter toujours plus d’excellence et de performance à nos clients", indique le président du groupe suisse Alexander Hagemann.

Eolane à la recherche d’un "adossement industriel"

À l’origine, trois candidats se proposaient de reprendre tout ou partie de l’activité France du groupe angevin, lorsque celui-ci avait annoncé en janvier dernier qu’il cherchait à opérer un "adossement industriel". Il s’agissait en effet de faire entrer au capital un nouvel actionnaire majoritaire pour "consolider l’empreinte d’Éolane dans la filière électronique française." Il y a quelques semaines, la proposition du groupe lavallois Cofidur (78,5 M€ de CA 2024), qui souhaitait reprendre l’usine de Douarnenez et les deux unités marocaines du groupe, avait été écartée. Restaient alors deux candidats en lice. Le groupe Synov (114 M€ de CA, 780 salariés), basé à Saint-Germain-Laprade (Haute-Loire), avait émis une offre pour la reprise des sites de Saint-Agrève et de Neuilly-en-Thelle, et Cicor, pour la totalité du périmètre.

Les 6 sites d’Eolane en France en passe d’être repris

Fondé en 1975, le groupe angevin Eolane s’est spécialisé dans la conception de cartes électroniques de haute technologie produites en petites, moyennes et grandes séries, et leur intégration dans un produit final pour 8 marchés distincts (défense, industrie, télécoms, ferroviaire, automobile, médical, énergie et aéronautique). Jusqu’à la reprise ce vendredi 18 avril par le groupe suisse Cicor, il disposait de 6 sites en France, mais également de deux unités au Maroc et des implantations en Estonie, en Allemagne, en Chine et en Malaisie où il a ouvert une nouvelle usine en 2024, pour un investissement de près de 9 millions d’euros.

Trois offres de reprise pour l’usine de Valence

Le site de Valence d’Eolane, dans la Drôme, qui emploie un peu moins de 150 personnes, n’était initialement pas concerné dans le premier périmètre des sites en quête de repreneur. Il l’est désormais et trois offres de reprise ont été récemment émises, celles du groupe mayennais Selha, (1 000 collaborateurs, 140 M€ de CA) basé à Renazé, du groupe industriel parisien Verdoso (500 M€ de CA) et de la société Elmersys (CA non communiqué), installée à Saône, dans le Doubs.

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