Coface : Accroissement des capacités de prise de risque

Coface : Accroissement des capacités de prise de risque

En élargissant les capacités de prise de risque de Coface, le gouvernement a choisi de soutenir les démarches export des entreprises. Tour d'horizon de ces modifications de garanties...

Depuis la fin 2008, la crise a changé les comportements des dirigeants à l'international. De plus en plus d'entreprises ont ainsi recours à l'assurance publique, via Coface, et demandent même parfois des couvertures pour des pays de l'OCDE. Dans ce contexte, le gouvernement a choisi d'élargir les capacités de prise de risque de Coface afin de compenser la diminution des volumes de financement. «Nous sommes confrontés à deux éléments. D'une part, les banquiers réduisent leurs prises de risque et ne s'occupent que des affaires les plus sûres, et d'autre part, les besoins d'assurance des entreprises sont de plus en plus importants», commente Christian Allemand, directeur régional de Coface. «Les procédures ont été améliorées depuis la fin 2008. Les pouvoirs publics ont réagi rapidement afin de trouver des solutions pour que les opérations export des PME ne se retrouvent pas bloquées par le financement. Le gouvernement a choisi d'intervenir en améliorant les garanties», explique de son côté Éric Sayettat, directeur régional du commerce extérieur.




Assouplissement géographique

L'entreprise qui engage des dépenses et une fabrication spécifique en vue de l'exportation a besoin de préfinancement. «Nous garantissons l'entreprise ou la banque pour cette perte, si le client vient à être défaillant ou si le pays rencontre des problèmes. Le seuil de CA permettant de bénéficier de ces garanties a été relevé de 75 à 150M€ et les quotités garanties ont été revues à la hausse (85 et 65%)», précise Christian Allemand. Le même système a été mis en place pour garantir les cautions souvent nécessaires dans le cadre d'appels d'offres. Pour les crédits documentaires, la procédure de confirmation auprès de Coface, qui ne portait jusque-là que sur des risques supérieurs à 30M€, a été élargie sans plafonnement. «Cette opération est donc largement accessible aux PME, et allégera d'autant les bilans des banques françaises», ajoute Christian Allemand. La quotité garantie par la Coface (habituellement de 95%) pourra également être portée à 100% sur demande de l'exportateur ou de sa banque. «Le gouvernement a en outre apporté un assouplissement géographique. Pour la Chine, l'Inde ou le Brésil, les opérations ne sont ainsi plus plafonnées. Pour d'autres pays, il y aura davantage de souplesse», déclare Éric Sayettat. «L'objectif de ces mesures est de toucher un maximum de sociétés. Chaque entreprise a une banque. Si le banquier est motivé, il peut maintenant s'appuyer sur des garanties élargies. Les banques jouent le jeu et organisent des réunions pour informer leurs clients. L'État a apporté un filet de sécurité dans le domaine de l'exportation», conclut Christian Allemand.