Basée à Couëron près de Nantes, l’entreprise de travaux publics Charier a réalisé le terrassement, les fondations et les structures en béton du stade nautique olympique de Vaires-sur-Marne. Un chantier de trois ans qui a abouti à la réalisation du premier équipement olympique de Paris 2024, livré dès 2019. Le groupe Charier (1 800 salariés, 350 millions d’euros de chiffre d’affaires) avait confié ces travaux à son agence parisienne de génie civil, basée à Lognes en Seine-et-Marne dans le même département que le site,
Un chantier rare pour ces équipes
"Pour nous, cela reste un chantier exceptionnel, se félicite Emmanuel Fritz, responsable de l’agence parisienne de Charier. Nous avons mobilisé jusqu’à cinquante personnes sur certaines opérations. Au total, ce chantier représente un volume d’affaires de 11 millions d’euros, ce qui, au mieux, arrive une fois par an pour notre agence. Notre carnet de commandes habituel se situe plutôt entre 1 et 5 millions d’euros".
L’aménagement du site de 180 hectares comprenait la rénovation, l’extension et la construction de bâtiments, la construction de rivières de compétition et d’entraînement. C’est devenu "le plus grand site de canoë-kayak du monde" estime Emmanuel Fritz, qui abritera, hors Jeux Olympiques (JO), un pôle d’excellence sportif international, où se côtoient la Fédération française de canoë-kayak et la Fédération française d’aviron.
Des travaux pour la qualité de l’eau de la Seine
Charier est également intervenu sur des chantiers des rives de Seine pendant trois ans, "à différentes phases et pas de manière continue", précise Emmanuel Fritz. Une mission comprenait le terrassement du bassin d’orage d’Austerlitz à Paris (un immense bassin de rétention des eaux usées et pluviales situé derrière la gare d’Austerlitz dans le 13e arrondissement) et du puits d’attaque du tunnelier (qui a creusé le bassin jusqu’à 34 mètres de profondeur), en groupement avec Cemex-Extract.
Ces travaux ont permis d’augmenter les capacités de stockage des eaux usées pour un traitement ultérieur, afin d’éviter un déversement immédiat dans le fleuve. "C’est la première fois que nous faisions ce type de chantier, indique le responsable d’agence. Des collègues d’autres agences sont venus en renfort, pour des travaux qui ont mobilisé vingt à vingt-cinq agents par semaine et qui ont été facturés environ 3,5 millions d’euros".
Des volumes gigantesques de terre avant les grands plongeons
Charier a également participé au chantier du Centre aquatique olympique, en Seine-Saint-Denis, où se déroulent notamment les épreuves de plongeon. Après une dépollution des sols sur douze hectares et sous tente confinée par Séché Environnement, Charier a réalisé le terrassement des 26 hectares de l’ancienne friche industrielle. Au total, 165 000 m³ de déblais ont été évacués, dont 30 000 m³ de terres polluées. "Le déficit de matériaux a été compensé par des graves recyclées issues de déconstructions antérieures au chantier", explique l’entreprise nantaise.
Des aménagements pour sécuriser les baignades
Pour garantir la baignade dans la Seine pendant et après les JO, Charier a aussi aménagé un port d’attente de bateaux à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) et nettoyé le bras de Seine de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), portion du fleuve sur laquelle les grands bateaux ne pouvaient plus naviguer. La commande comprenait également la création d’un garage pour les bateaux logement (péniches) à Clichy (Hauts-de-Seine).
Ce type d’opérations, "chacune d’une valeur inférieure à un million d’euros" selon Emmanuel Fritz, est plus habituel pour l’agence parisienne de Charier (50 salariés), spécialisée dans les chantiers nautiques et qui intervient principalement en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Bourgogne. Elle réalise notamment de nombreux terrassements pour des acteurs privés et des aménagements sur commandes publiques. "Nous faisons de plus en plus de génie écologique, c’est-à-dire un aménagement de berges en minéral ou végétal au lieu du béton, pour verdir notre offre", indique Emmanuel Fritz.