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La filière des travaux publics en Pays de la Loire s’inquiète de la baisse de budget des collectivités
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La filière des travaux publics en Pays de la Loire s’inquiète de la baisse de budget des collectivités

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Dans un contexte global de réduction des dépenses, la filière des travaux publics s’inquiète de voir les collectivités renoncer à certains projets de rénovation d’infrastructures.

Jérôme Rouet, président de la fédération régionale des travaux publics, porte un regard inquiet sur les baisses budgétaires des collectivités — Photo : Benjamin Robert

Depuis de nombreux mois, la filière du bâtiment est souvent mise en lumière pour la crise profonde qu’elle traverse. Souvent associée, celle des travaux publics se porte mieux que sa cousine. "Nous sommes sur une activité relativement stable, avec une croissance de 1 % dans la région. La tendance nationale est similaire", pointe Jérôme Rouet, président de la fédération régionale des travaux publics (FRTP) dans Pays de la Loire.

Le secteur regroupe notamment la construction et la maintenance des pistes cyclables, des ponts, ou encore des réseaux d’eau et d’électricité. Il représente actuellement dans la région 1 000 entreprises, 18 000 salariés, et 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. "Les élections municipales sont prévues en 2026. De nombreux travaux sont ainsi programmés par les collectivités avant ces échéances. Nous sommes dans un contexte avec beaucoup d’activités", expose Jérôme Rouet. Mais ce dernier se méfie des mois à venir. Le climat de réduction des dépenses semble inquiéter la filière. "Nous savons déjà que l’activité sera moindre dans les mois à venir", pointe le président.

Une transition dangereuse à repousser

Le secteur dépend à 70 % de la commande publique, surtout des collectivités et des communes. La baisse des budgets les obligera donc forcément à faire des arbitrages. Et la maintenance des infrastructures pourrait être une des variables d’ajustement. "Nous comprenons qu’il y ait un ralentissement sur les chantiers neufs. Mais les ouvrages actuels nécessitent des opérations d’entretien. Réparer un ouvrage qui casse car il n’a pas été entretenu coûtera à terme beaucoup plus cher à tout le monde", regrette Jérôme Rouet.

"Les contraintes sur les infrastructures vont s’accentuer avec le dérèglement climatique"

Le président de la FRTP régionale pointe par exemple la rénovation des canalisations d’eau potable. "Il y a en moyenne 13 % de fuites sur le réseau. En Pays de la Loire, 38 millions de mètres cubes d’eaux sont perdus ainsi chaque année", alarme-t-il. Il faut dire que les infrastructures dans la région sont soumises à des conditions particulières. Elles reposent souvent sur un sol composé de terres argileuses, par rapport à la Bretagne qui possède par exemple plus de granit. Selon la FRTP, 95 % du territoire sarthois, et 79 % des terres mayennaises sont soumis au retrait et au gonflement des argiles. "Ces phénomènes fragilisent les infrastructures. Or, ils vont s’accentuer avec l’aggravation du dérèglement climatique", pointe Jérôme Rouet.

Le pont de Saint-Nazaire en attente

En Loire-Atlantique, un des ouvrages les plus emblématiques, le pont de Saint-Nazaire, pourrait directement pâtir de cette situation. Un imposant chantier de réhabilitation s’avère aujourd’hui nécessaire pour ce pont, pour un budget de 40 millions d’euros. La collectivité, dont c’est le rôle, appelle d’ores et déjà l’État et la région à la rescousse pour boucler ce budget. Sans accord, ce sont les camions avec le plus gros tonnage qui seront amenés à trouver une autre route, et faire de potentiels longs détours. "Une telle décision aurait un impact écologique lourd, précise Jérôme Rouet. Il aurait aussi un impact économique à long terme pour le territoire et son attractivité".

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