En Occitanie, la filière travaux publics anticipe "un trou noir", selon Frédéric Charmasson, président de la FRTP, et directeur régional de Vinci Construction (300 salariés). L’activité du secteur dépend à 70 % de la commande publique, qui dépend, elle, de la vie politique. Or, les élections municipales se profilent en mars 2026. Les projets se mettent en veille pendant six mois à un an au sein des mairies, mais aussi des agglomérations, communautés de communes, syndicats mixtes, etc. Ces collectivités locales pèsent pour 50 % dans l’activité des TP.
"Historiquement, nous connaissons des difficultés de conjoncture l’année des élections municipales, et une accélération de l’activité l’année qui précède. Malheureusement, 2025 sera en retrait", expose le président de la fédération des TP occitane. Le premier semestre 2025 a enregistré une légère croissance, mais l’activité régionale est en recul de 3 à 4 % au 3e trimestre, tant sur les prises de commandes, que l’activité et les heures travaillées. Le 4e trimestre connaît la même tendance baissière.
La crise politique nationale a pesé et les prévisions de contraintes budgétaires "suscitent une vraie inquiétude. On parle d’une baisse de dotation de 4 à 6 milliards d’euros pour les collectivités !", s’alarme Frédéric Charmasson. Derrière, se profile l’élection présidentielle en 2027 avec "un risque de bouleversement." "Nous sommes entrés dans une période de turbulences et de difficultés majeures pour deux ans, qui pourraient avoir un impact sur l’emploi".
33 000 salariés en Occitanie
Le recours à l’intérim sert de variable d’ajustement, or aujourd’hui, "il est presque à zéro." En parallèle, les entreprises du TP peinent à recruter pour assurer le renouvellement des effectifs permanents, qui sera pourtant nécessaire lorsque l’activité redémarrera.
La filière fédère en Occitanie 2 300 entreprises, avec 33 000 salariés, et génère 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
La situation est paradoxale : "L’Occitanie est l’une des rares régions avec une démographie positive. On a besoin d’infrastructures, de réseaux. S’y ajoute la transition écologique qui appelle à de nouveaux investissements. Le potentiel et les intentions sont là, mais il manque les financements", regrette Frédéric Charmasson.
L'essor de l'aéronautique pour limiter la casse
À court terme, la filière espère que les nouveaux chantiers de la transition écologique lui apporteront de l’activité : la future LGV Sud-Ouest, le développement de l’éolien flottant à Port-La-Nouvelle (Aude), etc. La commande privée, si elle ne représente "que" 30 % de l’activité, apportera un motif d’espoir. "La partie Midi-Pyrénées bénéfice de la dynamique de l’industrie aéronautique, portée par l’économie mondiale". Cela poussera les investissements.