Pour le groupe girondin Ceva Santé Animale, le laboratoire Biogenovac est un site d’exception. Inauguré à Beaucouzé, face à son unité de production d’autovaccins Biovac (environ 120 collaborateurs), le site a pour vocation d’apporter une réponse rapide aux maladies infectieuses émergentes chez les animaux, telles que récemment la grippe aviaire ou la peste porcine. "Ce laboratoire est un carrefour de compétences où l’on va regarder quels sont les virus qui circulent et comment ils évoluent, explique Marc Prikazski, P.-D.G. de Ceva Santé Animale (1,77 Md€ de CA, 7 000 collaborateurs dans 47 pays), basé à Libourne (Gironde). Il s’agira de faire un séquençage profond de ces virus pour regarder leur carte génétique et repérer les antigènes d’intérêt qui pourraient permettre de développer un vaccin."
Et tout cela en allant vite : en cumulant des informations en provenance du monde entier et en les analysant, le laboratoire angevin permettra de développer rapidement des vaccins et d’anticiper. "Il s’agira aussi de prévoir le coup d’après, ajoute Marc Prikazski, en anticipant sur l’évolution potentielle des virus et d’envisager plusieurs options pour aller au-devant des crises sanitaires."
Proximité et écosystème
Dans ce laboratoire de recherche génomique, travaillent actuellement 16 personnes, accompagnées d’autres spécialistes ailleurs en France et en Europe. "Nous avons implanté ce laboratoire à Beaucouzé en raison de la proximité avec notre site de production d’autovaccins, précise Marc Prikazski, mais aussi parce que les Pays de la Loire et la Bretagne proche sont des régions d’élevage importantes et que nous pouvons travailler avec des partenaires locaux, centres de recherche universitaires ou établissements spécialisés."
À la pointe de la technologie, le laboratoire angevin est équipé d’innovations qui intègrent les dernières techniques de séquençage à haut débit et de bio-informatique pour pouvoir développer des vaccins nucléotidiques (à ADN ou ARN messager, N.D.L.R.).
Souveraineté
L’équipement de 700 m2, dont l’implantation a été soutenue par la Région Pays de la Loire à travers son programme Territoire d’industrie à hauteur de 1,75 million d’euros, a nécessité un investissement de 4 millions d’euros. Une somme qui s’intègre dans une enveloppe globale de 25,4 millions d’euros, pour laquelle Ceva Santé Animale a obtenu plus de 6,4 millions d’euros d’aides de l’État dans le cadre de France 2030 et de la Région, et réunissant trois projets : le premier, mené avec le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), pour rechercher de nouveaux "carriers", (permettant d’emmener l’ARN du vaccin dans la cellule), et de développer, à Beaucouzé, un laboratoire de contrôle qualité pour ces vaccins.
Le second, en collaboration avec le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), vise au développement de 5 candidats vaccins contre les grippes animales, et le troisième permet de relocaliser la production de vaccins ARN à Beaucouzé et à Libourne. "Tout cela s’inscrit dans une série de projets qui permettent d’avoir des vaccins produits en France et disponibles contre les maladies comme les grippes", indique Marc Prikazski. Une production sur le territoire national qui répond à des enjeux de relocalisation et de souveraineté dans le domaine de la santé animale.