Il n’y a pas que Bernard Arnaud qui attaque la politique économique du gouvernement. Dans la foulée du patron de LVMH qui a estimé que la taxation du made in France invitait à la délocalisation, les dirigeants d’ETI, par l’intermédiaire du Meti, craignent que des dispositions du Budget 2025 aggravent la situation des 6 800 entreprises de taille intermédiaire tricolores.
Le travail coûterait encore plus cher
En cause : les baisses prévues des allègements de cotisations sociales, la diminution des aides à l’apprentissage, la hausse du versement mobilité et la réduction de l’indemnisation des arrêts maladie. "Si ces arbitrages étaient confirmés, en 2025, le travail coûterait encore plus cher et paierait encore moins", estime l’organisation patronale, qui considère que le coût du travail est, en France, "une anomalie".
Décision politique "tétanisée par le court-termisme"
Elle estime ces mesures "en parfaite contradiction avec le bon sens économique, les exigences de la situation sociale, la férocité de la compétition internationale". Pour le Meti, l’augmentation du coût du travail affectera aussi bien le pouvoir d’achat des salariés que la compétitivité des entreprises, qui vont en conséquence moins investir et moins recruter. In fine, cela se traduira par "des hausses de dépenses sociales, des pertes de recettes fiscales et sociales". "Cette logique implacable semble pourtant échapper à la décision politique tétanisée par le court-termisme", pointe du doigt l’organisation patronale coprésidée par Frédéric Coirier (Poujoulat) et Philippe d’Ornano (Sisley).
Une situation économique qui se dégrade
Si le Meti critique certaines dispositions du Budget 2025, c’est aussi parce que "des nuages noirs s’accumulent en ce début d’année au-dessus de l’Hexagone". La dernière enquête de conjoncture du Meti fait ainsi état d’une "dégradation sans appel de la situation des ETI". En 2024, une ETI sur deux a ainsi connu une baisse de chiffre d’affaires et de sa rentabilité par rapport à 2023. Les perspectives ne sont guère meilleures. Seulement 16 % des chefs d’entreprise d’ETI disent afficher un carnet de commandes plus garni qu’il y a un an.
Les ETI réduisent leurs investissements et leurs recrutements
Entre la situation économique et la crise politique, les ETI deviennent plus attentistes. Une sur cinq a suspendu tout ou partie de ses investissements en France. Une sur 10 les a même reportés dans d’autres pays.
Cette situation rejaillit évidemment sur l’emploi. Une ETI sur trois indique avoir réduit ses recrutements en France en 2025. Et une sur deux dit réduire son nombre d’apprentis.