Le groupe Meteor à Hochfelden (200 personnes, CA : 50 M€) revendique sa place de dernière brasserie familiale indépendante en Alsace. Huit générations se sont succédé à la tête de l'entreprise depuis 1640. C'est ce que la marque brassicole met aujourd'hui à l'honneur en inaugurant sa « Villa Meteor ». 1,7 million d'euros ont été investis pour rénover la demeure familiale historique, qui n'est plus habitée depuis plusieurs années, et installer un nouvel espace d'accueil et une boutique pour proposer ainsi un parcours de découverte aux visiteurs. N'allez pourtant pas dire à la famille Haag qu'elle ouvre un musée... « Il y a trois ans, nous avons commencé à mener une réflexion pour renouveler notre offre de visites. L'investissement injecté dans ce projet est conséquent, à la hauteur des attentes du concept touristique. Nous espérons accueillir 25.000 visiteurs par an dans cet espace pédagogique qui présente les matières premières et le processus de fabrication de la bière. Il s'agit aussi de mettre en valeur le patrimoine historique et l'entreprise dans son ensemble a été associée à ce projet. La Villa représente la grande famille Meteor, l'ensemble de la famille Haag mais aussi les salariés » explique Michel Haag, président du groupe Meteor. Le décor ainsi posé, on comprend qu'outre le lieu touristique, la Villa Meteor est partie intégrante de l'ambition marketing de la marque, qui, au passage, a rajeuni son logo cet été.
Un outil marketing
« En trente ans, le marché de la bière s'est fortement concentré, mais nous nous battons contre cela. En parallèle, il existe de nombreuses micro brasseries qui dynamisent le marché et apportent de la diversité. Meteor croit également à sa notoriété qui sera diffusée au-delà des frontières régionales à travers les visiteurs de la Villa. Nous sommes distribués partout en France dans les réseaux de cafés-hôtels-restaurants et dans le quart Nord-Est de la France en grandes et moyennes surfaces. La visite se termine par une dégustation et l'expérience vécue ici, que les visiteurs pourront raconter, contribuera à nous faire connaître davantage », détaille Édouard Haag, directeur commercial, qui a rejoint l'opérationnel de la société familiale il y a deux ans. Après avoir enregistré une décrue régulière sur les 30 dernières années, le marché de la bière en France semble repartir sur une pente croissante. En 2015, il a progressé de 3 %, le groupe Meteor a suivi cette tendance, qui devrait se confirmer dans les mêmes proportions pour 2016. Par ailleurs, Meteor réalise 5 % de ses ventes à l'export. « Il s'agit de l'un de nos chevaux de bataille, nous comptons sur les salons à l'étranger en jouant sur l'image du Made in France », ajoute Édouard Haag.
Nouveaux produits
Cette année, Meteor élargit sa gamme en investissant dans une unité R & D pour produire des brassins en petites quantités et proposer des séries éphémères. La marque lance également une bière à l'amertume réduite en procédant à l'ajout de houblon après la fermentation. Enfin, la brasserie Meteor, qui réalise un chiffre d'affaires aux alentours de 37 M?, en réinvestit chaque année 10 % dans l'outil de production. Philippe Généreux, directeur général, indique avoir investi en 2016 « un million d'euros pour la robotisation de la palettisation. En 2017, deux cuves seront remplacées dans la salle de brassage et un atelier sera réaménagé ». La filiale de Meteor dédiée à la distribution vient compléter le chiffre d'affaires du groupe pour le porter à 50 millions d'euros en 2015.